Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 17:00

La cérémonie de remise du prix Nobel est retransmise en direct ou en différé si nécessaire, dans le monde entier. On y voit un professeur Olibiobus et sa compagne s'avancer dans la grande salle d'honneur. Le professeur humble, reçoit son prix sous les applaudissements de ses pairs. On le prie de prendre la parole; ce qu'il fait très naturellement. Il en profite pour dire au monde entier combien sa chère Ornella a été, tout comme lui, artisante de cette découverte.

Son patron, resté en retrait, savoure cet instant. En effet, la publicité indirecte qui est faite en cette occasion aura des retombées certaines sur les ventes de bioproduits.

Dans les habitations, le Biogazon assainit l'air; les gens respirent un air plus sain; on constate une diminution du nombre des maladies pulmonaires, des allergies et même des maladies dégénératives graves.

Lors d'un colloque médical important, une discussion nourrie aborde ce point sensible; le docteur Omédipoumon s'exprime ainsi:

-- En 2004, nous craignions une recrudescence de la tuberculose compte tenu que le bacille de Koch résistait de plus en plus aux antibiotiques connus comme la pénicilline. Aujourd’hui nous sommes un peu plus optimistes ; en effet, bien que la résistance aux antibiotiques des bactéries ou des virus reste préoccupante, nous constatons une diminution importante des cas de tuberculose.

-- Quelle est selon vous la raison de cette embellie ? Demande un participant.

-- Nous pensons que l'explication la plus rationnelle de ce phénomène positif réside dans la qualité de l’air inspiré par chacun, tout particulièrement dans les villes.

-- Sous entendez vous que l'air des campagnes ou du bord de mer n'est pas plus sain que celui des villes ? Demande un autre participant.

-- Je ne saurais l'affirmer. Néanmoins il est probable qu'il n'y a plus nécessité absolue d'implanter les sanatoriums en bord de mer. D'ailleurs, l'hopital Pompidou, situé au coeur de la capitale, réputé pour son service pneumologie a décidé de construire un mini sauna au sein même de l'établissement.

-- Pensez-vous que les sanatoriums maritimes sont menacés à moyen terme ?

-- Il est délicat de répondre à votre question, Madame, la réputation de certains établissements comme Berck n'est plus à faire et celle-ci peut encore amener des patients dans de tels établissements de soins. Mais il est vrai aussi que le patient souhaite rester près de sa famille, près des siens et dans ce cas, le sauna des villes a beaucoup d'atouts !

Un peu plus tard, c'est au tour du docteur Omédialerge de prendre la parole.

-- Chers collègues, notre spécialité, médecin allergologue n’a plus beaucoup d’avenir ; le nombre des patients atteints d’allergies a chuté de cinquante cinq pour cent depuis deux mille quatre.

-- Comment expliquez vous cette décrudescence rapide de la maladie ?

-- Les allergies domestiques ont disparu presque totalement...

-- Pardon, docteur, qu'est-ce qu'une allergie domestique ? Dit un jeune journaliste qui couvrait l'événement

-- Jeune homme, avez vous entendu parler d'allergie à la poussière, aux poils de chat ? Eh bien ce sont là des exemples d'allergies domestiques.

-- Que pouvons nous faire ? Interroge un confrère.

-- Nous pouvons espérer que le biogazon et autres produits dérivés engendrent à leur tour quelque réaction allergogène ...

-- Hou hou ! Quelle honte s'écrient quelques participants Comment osez vous dire cela ?

-- Il nous faut être réaliste et ne pas écarter une telle possibilité; cependant il est de mon devoir d'inciter les plus jeunes d'entre nous à se reconvertir dans d'autres spécialités !

Viens alors le tour du docteur Omédidégéner, un grand spécialiste allemand des maladies dégénératives:


Par Christian de Lille - Publié dans : Aventures d'Olibiobus
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 17:00

L'engouement pour le Biogazon est tel que l'on veut en mettre partout !

Quelques tentatives d'utilisation de Biogazon sur le réseau routier se sont toujours soldées par un échec cuisant. D'une part, le Biogazon n'ayant que peu d'adhérence interdit toute accélération importante, mais surtout rend le freinage inefficace. D'autre part, le caoutchouc des pneus fait dépérir le Biogazon. Tout se passe comme si Biogazon et voiture ne peuvent faire bon ménage.

Comme le Biogazon résiste très bien au piétinement, les architectes urbains l’utilisent de plus en plus pour couvrir les trottoirs, les quais de tramway et même les voies de circulation ferroviaires.

Le Réseau Européen des Chemins de Fer a toujours eu jusqu'à présent, un très gros problème de maintenance à résoudre: éviter la prolifération de mauvaises herbes entre les voies de chemin de fer. La Sncf, par exemple, utilisait des trains spéciaux circulants en heures creuses qui aspergeaient des produits chimiques désherbants. Le coût de cette méthode était important; l'impact sur la nature plutôt néfaste. Désormais, le RECF achète des boutures de Biogazon chez Obioproduits qu'elle implante sur ses voies; le résultat est probant; il est aussi du plus bel effet! Dans deux ans l'ensemble du réseau européen sera équipé de cette façon. Par ailleurs, le biogazon a un effet inattendu fort intéressant: il atténue les bruits de roulement des trains, ce qui n'est pas pour déplaire aux riverains.

Dans les gares on a disposé un Biogazon odorant adapté à chaque situation; dans le sud est de la France, le Biogazon est parfumé à la lavande; dans le sud ouest, à Toulouse, il est parfumé à la violette, dans le centre il est parfumé à la rose, dans le nord il est parfumé à la chicorée ! Sans blague, le chicon, ça sent très bon ! En bord de mer on utilise un parfum très particulier et très fort, l'iode.


Le Biogazon se retrouve partout. Les gens peuvent presque marcher à pieds nus pour se rendre à leur travail. D’ailleurs quelques étudiants anticonformistes lancent cette nouvelle mode : marcher pieds nus dans la ville !

-- As-tu vu Alexandre ? Oui, le bienheureux!

-- Non pas encore !

-- Si tu le croise d'ici demain, regardes bien ses pieds !

-- Ah oui! Et pourquoi ?

-- Parce qu'il n'a pas de chaussures! Il se ballade toujours pieds nus dans la ville; j'ai oui dire qu'il remettait ses chaussures pour aller à la plage !

-- C'est un original ! Quoique, tout compte fait, il n'est pas idiot Alexandre! Marcher pieds nus sur le Biogazon, c'est chaud et quelque peu jouissif; marcher pieds nus sur le sable brulant d'une plage d'été, c'est un martyre!


La pelouse du Stade de France est recouverte de Biogazon depuis longtemps déjà. Ceci simplifie grandement l’entretien. L’arrosage est bien plus limité, les tontes sont inutiles. Même que la société Obioproduits est parvenue à changer localement et à volonté, la couleur du biogazon. Ainsi les publicistes peuvent-ils afficher à même la pelouse. C'est le cas de le dire: les footballeurs semblent courir après la pub et en oublient le ballon rond !


On découvre encore d’autres effets indirects et bénéfiques des bioproduits; les gens retrouvant des conditions de vie plus agréables voire jouissives ; ils répugnent plus qu'autrefois à prendre leur voiture pour aller à la campagne ou à la mer chercher de la fraîcheur et du naturel.

Cette fraîcheur, ce naturel et la joie de vivre qui en découlent se trouvent ... chez eux, dans leur habitation, dans leur ville. Pourquoi aller loin, toujours plus loin quand son habitat habituel ressemble à un éden ? Du même coup la pollution et l'effet de serre dus à la circulation automobile diminuent très régulièrement.

La rue étant libérée d’un nombre important de véhicules à moteur, devient attrayante pour les promeneurs. Les gens redescendent dans la rue pour s’y rencontrer, entamer des discussions avec leurs concitoyens, flâner ; il n’est pas rare de voir des groupes se former devant un pas de porte ou une entrée d’immeuble. Ces groupes sont le plus souvent joyeux et communiquent aux passants la joie de vivre, le goût du bonheur retrouvé …


Par Christian de Lille - Publié dans : Aventures d'Olibiobus
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 17:00

-- Bonsoir Omavoisine.

-- Bonsoir chers voisins. Vous me semblez tout guillerets ce soir. Avez vous passé une bonne journée, reçu une bonne nouvelle ?

-- Oh non rien de spécial. Mais nous nous sentons bien ici, à prendre le frais au pied de l’immeuble … et c’est plaisir de te voir toute belle, toute souriante !

-- Oui, je suis contente de ma journée, et puis demain ma fille viendra me retrouver ; cela me met en joie même si je vais devoir préparer sa venue; faire du ménage, ce n'est pas mon truc, cuisiner encore moins ! Je préfère me consacrer à mon art favori …

-- Ah oui. Ta dernière toile, ça avance ?

-- Pas mal, je pense que ma fille va aimer !

-- Veux tu prendre un rafraîchissement avec nous, mais peut être es-tu pressée ?

-- Oh non, j’ai tout mon temps ! Ca me fait plaisir de papoter un moment avec vous …

Et Omavoisine s’avance pour se joindre au petit groupe qui se forme ; dans celui-ci, chacun semble avoir trouvé sa juste place et prend plaisir à vivre.

Au salon du bâtiment, organisé comme chaque année Porte de Versailles, des professionnels exposants discutent entre eux:

-- Je trouve que l'engouement pour la maison individuelle fléchit et qu'on observe un retour de la population vers les appartements où des maisons de ville.

-- Il faut dire que la ville prend des airs de campagne avec ce Biogazon recouvrant de nombreuses terrasses et la plupart des trottoirs !

-- Et puis il y a aussi le Biotoit qui couvre le faîte des immeubles et les toitures des maisons.

-- Au fait, sais tu combien y a t il de variétés de Biotoit ?

-- Il existe aujourd’hui trois variétés de Biotoit : du Biotoit vert, du Biotoit bleu et du Biotoit rouge. Chacune de ces variétés se décline en de nombreuses teintes permettant à chacun de choisir sa couleur de toit comme on choisit sa couleur de moquette.

-- Tu sembles bien renseigné! Comment cela se fait-il ?

-- J'en commercialise beaucoup.

-- Et ç'est un bon business ?

-- Oui certes. Dans certaines communes, un plan d’aménagement strict impose un petit nombre de teintes possibles ; ceci a pour effet de créer une certaine uniformité qui peut plaire au plus grand nombre ; dans ce cas on trouve surtout des rouges imitant les anciennes tuiles ou des bleu gris imitant les ardoises. Dans d’autres communes, ou dans certains quartiers de villes, le choix des teintes est plus libre. On obtient alors des toits de toutes les couleurs du plus bel effet. Mais dans tous les cas c'est du Biotoit !

-- Quel est donc la variété meilleur marché ?

-- Le Biotoit vert est nettement meilleur marché, cette variété s’impose assez souvent.

-- Je suis d'accord avec vous. J'ai la chance de piloter un petit avion, au moins une fois par mois !

-- Veinard !

-- ... et vue du ciel, la ville semble plus verte que la campagne environnante !

-- Vous exagérez !

-- Pas du tout !

-- Je demande quand même à voir !

-- Ecoutez, si vous êtes libre, disons samedi matin à onze heures, je vous emmène pour un baptême de l'air ! Vous verrez par vous même !

Les spécialistes qui analysent les images satellite ont du souci à se faire : ils doivent revoir complètement leurs principes de reconnaissance. En effet ils ne peuvent plus se fier aux couleurs grises pour reconnaître tel ou tel bâtiment industriel. Ils doivent donc observer plus finement les images satellite afin de distinguer le contour des bâtiments grâce aux ombres portées. Une observation effectuée quand le soleil est au zénith devient extrêmement difficile à interpréter. Les horaires de travail de ces spécialistes de l’observation de la Terre ont du être décalés tôt le matin ou en fin d’après midi, c’est à dire pendant des périodes où les ombres portées sont bien visibles vues du ciel. Encore que ces dispositions ne sont pas applicables sous l’équateur …


Par Christian de Lille - Publié dans : Aventures d'Olibiobus
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 17:00

Tout serait bien dans le meilleur des monde si le prix des bioproduits n'étaient pas si élevés. Les plus fortunés se logent facilement dans les meilleures conditions, près de gares ou de parcs ou d’écoles ou de zones commerciales et le plus souvent en centre ville. Mais la classe moyenne doit faire beaucoup d'efforts financiers pour parvenir à un bien moindre résultat ; elle se retrouve souvent dans des quartiers plus éloignés des centres d’intérêt de la ville ; les plus chanceux, ceux qui trouvent un appartement bio en centre ville, vont jusqu’à abandonner leur ancienne maison de proche banlieue qui est devenue quasiment invendable ; en effet il faut bien comprendre que la transformation d’une ancienne habitation en logement bio coûte fort cher. D’abord il faut démonter l’ancienne toiture, avec précautions afin d’éviter des déprédations tant pour soi-même que pour le voisinage, puis trouver un transporteur et un lieu de décharge des anciens matériaux, ce qui n’est pas facile et se monnaie. Ensuite il faut reconstruire une sorte de pré toit en béton (cellulaire de préférence pour un poids moindre) et enfin hisser sur cette structure les pans de Biotoit. Quand aux classes défavorisées, elles n’ont pas accès aux bioproduits, du moins de façon légale ;

Les personnes qui s'occupent de la culture des bioproduits en Europe, sont en petit nombre car cette culture n'est pas très exigeante et de plus une grande partie de celle-ci a été reportée dans d’autres régions du monde.

A l'inverse les personnels qui travaillent dans les métiers du bâtiments subissent un chômage record ! Il y a de moins en moins besoin de carreleurs, de poseurs de moquette ou de poseurs de parquet, de couvreurs, de maçons… Tous ces métiers manuels qui permettaient à la classe défavorisée de subsister, disparaissent peu à peu. La masse des gens vivants en dessous du seuil de pauvreté augmente sans cesse. Ces malheureux, ces laissés pour compte du système, sont parqués à la périphérie des villes; ce sont eux qui squattent des maisons peu à peu abandonnées par les plus favorisés qui ont déjà rejoint le centre des villes. Pour survivre, la population la plus pauvre est prête à tout faire y compris des actes illégaux.

C'est la raison pour laquelle apparaissent bientôt des cultures au noir. Les zones occupées par les défavorisés sont en bordure des villes et donc en bordure des campagnes: il est donc relativement facile d'y implanter des cultures. Par ailleurs ces zones sont quasi sans contrôle; même les forces de police n'osent plus entrer dans ces zones hors la loi. Ce phénomène de société est mondial. Sur tous les continents coexistent des contrefacteurs du bio !

Les premiers bénéficiaires de la culture au noir sont d’abord les populations défavorisées; pour elles qu'importe la soi-disant médiocre qualité des 'bioproduits noirs' pourvu que ces produits leur soient utiles et accessibles. Il n'est d'ailleurs pas sûr du tout que la qualité soit moindre. En effet, il est de bonne guerre pour les producteurs légaux de faire croire que les produits contrefaits sont de moins bonne facture ! Ce qui n'est pas le cas des bioproduits.

Obioproduits et les entreprise associés du groupe, constatent une croissance moins rapide que prévue de leurs ventes et imputent ce fait à l'existence d'un marché noir. Ils imaginent et mettent au point un hybride F1 des produits bio de façon à interdire le bouturage de leurs produits. Ces entreprises pensent également à réduire la durée de vie des bioproduits à quelques années seulement, ce de manière à obliger un achat de renouvellement. Cette stratégie de reconquête du marché ne marche pas. Même les tentatives de création de maladies de plantes telles que le mildiou font long feu. La souche initiale conçue par le professeur Olibiobus dispose de défenses immunitaires qui la protègent de nombreuses maladies connues.

Les souches reproductives du Biogazon du professeur Olibiobus sont bien implantées dans la nature et ne peuvent être détruites tant leur dissémination est grande et rapide de part le monde.


Par Christian de Lille - Publié dans : Aventures d'Olibiobus
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /Jan /2006 17:00

Peut être est-ce bien ainsi. Les entreprises légales ont accepté de faire baisser leurs prix afin de limiter l’acquisition de bioproduits sur le marché noir. Coté marché noir, les contrefacteurs trouvent leurs profits insuffisants et ont tendance à faire grimper le prix de ceux-ci. C'est ainsi que l'on parvient à une sorte d’équilibre et à l’établissement implicite d’un bon prix des bioproduits; ce bon prix permet aux entreprises légales de réaliser un profit suffisant pour perdurer et affaiblit suffisamment la part du marché noir de façon à limiter son expansion.

Les états qui prélèvent une taxe sur toutes les ventes effectuées se félicitent de l'obtention de ce point d'équilibre; en effet les états ont besoin de maintenir un niveau de recettes important, ne serait-ce que pour compenser par une redistribution d’argent, l'extrême paupérisation de certains et les dérives menaçant la société tout entière.

Peine perdue. La révolte gronde quand même ! Les laissés pour compte tels que les maçons, couvreurs, carreleurs, etc... n'acceptent plus leur situation misérable et manifestent de plus en plus souvent, et de plus en plus violemment. Il faut expliquer que ces gens ont connu une certaine forme d'opulence avant de devenir pauvres. Ils ne sont donc pas résignés comme ceux qui ont connu la misère depuis leur plus jeune age. Les laissés pour compte se réunissent, s'organisent d'abord pour mieux survivre et puis pour se révolter. On assiste désormais, à des manifestations de rues chaque semaine.

Un épisode parmi d'autres doit être relaté ici, d’autant plus qu’il a eu lieu en France, pays de naissance des bioproduits.

Un couple de jeunes entreprenant, innovant même, dispose alors, de revenus suffisants pour se construire une maison bio, mais sur un terrain situé vers l'extérieur de la ville. Ils décident de concrétiser leur projet. Mauvaise idée. Leur maison est bien visible depuis les quartiers chauds de la périphérie. Les laissés pour compte ne peuvent tolérer ce qu'ils considèrent comme une intrusion, une provocation même. Ils se réunissent, discutent de ce fait qui les incommode ; les discussions échauffent corps et esprits. Bientôt ils décident de monter une expédition de destruction. Ils trouvent un vieil entrepreneur du bâtiment ruiné qui a encore, remisé au fond d'un entrepôt, un bulldozer en état de marche. L'engin est utilisé pour pousser, puis écraser la maison vivante pendant l’absence de ses occupants. Les murs, le biogazon du sol, le biotoit, tout finit en lambeaux sous les chenilles du bulldozer. Les émeutiers, fiers de leur coup d'éclat éclatent de joie et raccompagnent le bulldozer triomphant jusqu'à l'entrepôt qui lui sert de garage. Ils crient:

-- On a gagné ! On a gagné! Les maisons bio sont plus fragiles que le papier !

Leur joie sera de courte durée. En effet, le bulldozer a semé sur sa route des milliers de morceaux de produits bio. Lorsque la conjoncture le permet, une bouture complexe constituée d'un morceau de Biogazon, d'un morceau de Biomur et d'un morceau de Biotoit reprend vie. On voit donc naître près d'une dizaine de maisonnettes vivantes sur le trajet du bulldozer. L'une d'elles a même pris racine près de l'entrepôt; où elle est très vite occupée par le gardien de cet entrepôt. Pour lui la petite maison est une véritable aubaine. Adieu le lit de camp et le vieux duvet miteux dans un coin de l'entrepôt. Bonjour le Biogazon chaud et sensuel de la petite maison ! Le bonhomme profite à merveille de sa nouvelle installation ; il fait venir sa petite amie avec laquelle il prend des parties de plaisir extraordinaires. Il impute ce plaisir sexuel décuplé à la possession d’un vrai home, lequel donnerait la sérénité, la sécurité, la chaleur, toutes choses favorables à une meilleure santé physique et morale. Le gardien est encore loin de comprendre que le Biogazon a , en quelque sorte, des vertus aphrodisiaques … D’ailleurs il n’aura pas assez de temps à lui pour cela. L'entrepreneur qui apprend ce fait entre dans une rage folle ; il fait brûler la petite maison près de son entrepôt au risque de propager le feu dans son domaine.

Ce fait divers a un grand retentissement dans le monde entier ; d’une certaine façon, il marque une étape importante dans l’histoire des bioproduits et leur utilisation généralisée. En effet c’est la première réaction violente contre l’usage des bioproduits.


Par Christian de Lille - Publié dans : Aventures d'Olibiobus
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