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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 16:07

Dans l'Express Jacadi publie, en dernière page, un mot chaque semaine.

Cette fois ce mot s'intitule 'Humeur française'. Dans ce mot Jacadi émet l'assertion suivante :

Le pays est divisé en 3 groupes d'individus, les entrepreneurs, les satisfaits ou résignés de leur situation, les entreprenants.

Jacadi prétend que dans le 1er groupe, il y a de nombreux déçus qui partent entreprendre (et surtout s'enrichir) hors de France, que le 2ème groupe s'arc-boute sur ses acquis et privilèges (profitant donc de lois sociales sans forcément apporter quelque chose au pays), que le 3ème groupe est constitué de marginaux, de malfrats ou de criminel (qui n'ont que faire des lois).

De cette 'vue' de la population française, il tire des conséquences politiques … qui sont fausses et surtout sans intérêt !

En effet ce classement des français en 3 groupes est parfaitement stérile. S'il fallait faire un classement sérieux, il faudrait le faire par rapport aux principaux problèmes de notre société et non par rapport à la notion d'entreprenariat néo libéral. Le lecteur remarquera, au passage que Jacadi a oublié les très petits auto entrepreneurs et ceux qui croient assez dans leur mission sociale pour s'occuper des personnes âgées ou en difficulté pour des salaires de misère.

 

Mais quels sont les problèmes cruciaux de notre société française ?

  1. L'inégalité flagrante dans la répartition des revenus et des richesses ; cette inégalité crée une classe des super riches (comme Jacadi) incapables de comprendre qu'il faut éviter l'existence d'une classe des super pauvres.

  2. La survenue inéluctable de la pénurie d'hydrocarbures et la fin d'une énergie bon marché.

  3. La pollution croissante de notre environnement sous diverses formes qui menace à brève échéance l'humanité toute entière.

  4. La mondialisation qui a des effets pervers sur le prix des objets, des biens ou des services et même sur l'usage des espaces agricoles. La mondialisation permet et encourage la spécialisation de toutes productions, au détriment d'une production locale, certes plus chère mais plus structurante sur le plan humain. La mondialisation encourage l'exploitation intensive de coton, de cacao, de maïs transgénique, de cultures spécifiques en général au détriment de cultures vivrières pourtant vitales pour les populations locales.

 

A ces problèmes cruciaux, non résolus par l'oligarchie actuelle française ou mondiale, comment peuvent donc bien réagir les hommes ?

  1. Par le je m'en fous, tout pour ma gueule, après moi le déluge ; je cherche à me faire des sous par tous les moyens légaux ou illégaux. Dans cette catégorie on retrouve à la fois le groupe 1 et le groupe 3 évoqués par Jacadi.

  2. Par le découragement ; que puis-je bien faire à mon simple niveau ? Dans cette catégorie on trouve une partie du groupe 2 cité par Jacadi. Mais surtout tous ceux dont les revenus sont très faibles.

  3. Par la révolte ; ça ne peut plus durer, il faut que ça change, ce système économique pourri nous mène au désastre ! Cette catégorie, la seule qui compte en fait, est ignorée de Jacadi. En effet, Jacadi ne veut rien changer au système actuel basé sur l'économie libérale et la notion de croissance perpétuelle.

    Sur l'autel de cette croissance, Jacadi et tous ses potes passés par le moule de l'ENA, sont prêts à sacrifier la vie de leur descendance pour peu que le moteur à faire du profit tourne rond.

 

Jacadi et les 'énasiens' n'ont donc rien compris. Faire du profit (toujours plus d'argent, toujours plus de biens et surtout de choses inutiles) c'est s'encombrer d'avoirs de plus en plus nombreux et de plus en plus lourds à gérer et maintenir. Or la production, l'utilisation de tous ces avoirs polluent gravement et durablement notre planète Terre, notre lieu de vie à tous (réchauffement climatique, marées noires, explosions de gaz, accidents nucléaires, amas de détritus ou déchets, pertes de terres agricoles pour bétonner, …).

Ce que devrait dire, montrer et faire ces intellectuels, ces soi-disant bien pensants :

Le progrès (toujours plus de choses perfectionnées, automatisées) n'est pas une fin en soi. L'augmentation de la population d'un pays n'est pas forcément une richesse. L'augmentation du nombre des pauvres est intolérable surtout si quelques nantis disposent à l'inverse de tout. Notre système économique capitaliste est inhumain. L'augmentation des choses produites et abandonnées mène l'humanité à sa perte par la raréfaction des éléments vitaux, par la pollution engendrée de plus en plus tenace et inscrite dans la durée. Nous avons été trop loin sur ce chemin, cette quête du 'veau d'or'. Nous nous sommes trop éloignés de la nature dont nous sommes faits et dont nous dépendons.

Il est encore temps, il est possible de changer radicalement de système.

L'idée force du nouveau système c'est d'abandonner peu à peu nombre de nos avoirs et de retrouver progressivement ce qu'être veut dire.

Etre vraiment, exister en symbiose avec la nature, ne plus accumuler les choses, les brevets, les licences. Au contraire, diffuser, troquer des savoir-faire utiles pour que chacun puisse manger, boire, dormir, s'abriter modestement, se distraire, s'amuser, échanger des idées, … être tout simplement.

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Published by Christian de Lille - dans Les chroniques
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