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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 20:08

Sur la négociation en cours, la compétitivité, l'attente des entreprises, l'attente des salariés …

 

Petit historique :

Si la durée hebdomadaire de travail a été réduite plus ou moins à 35 heures, la réduction des taxes payées par les employeurs, tout particulièrement en cas d'heures supplémentaires, les CDD devenus la majorité des contrats d'embauche en 2012, les contrats d'alternance qui offrent une main d'oeuvre quasi gratuite aux entreprises, toutes ces pratiques réelles ont augmenté et la flexibilité souhaitée par les patrons et ont rendu moins sûres les embauches des salariés.

Cette tendance à employer les gens au gré du patron, des salaires de plus en plus faibles comme si on voulait aligner sur les bas salaires des pays d'Asie, deviennent insupportables pour les salariés. En effet, même les banques n'accordent plus de crédit à ces précaires qui ne peuvent donc accéder aux joies (?) de la propriété immobilière, de la consommation à tout va.

Les classes les plus pauvres s'appauvrissent de plus en plus. Les classes les plus riches s'enrichissent de plus en plus. L'écart entre le plus riche et le plus pauvre se situe aujourd'hui dans un rapport de l'ordre de 500. Il n'était que de 40 au début des 30 glorieuses, en 1970.

 

La négociation :

Les patrons veulent encore plus de flexibilité alors que celle-ci existe déjà dans des proportions intolérables pour les salariés.

Les salariés veulent en finir avec la pratique des CDD qui en fait des précaires.

 

Un accord a eu lieu ; c'est un accord, un compromis ; pas très enthousiasmant et ne remettant pas en cause l'essentiel.

 

L'essentiel :

a) L'essentiel c'est de ramener l'écart entre le plus pauvre et le plus riche dans une fourchette de 30 à 50 maxi. Ainsi, quand un dirigeant d'entreprise baisse la masse salariale à des fins de meilleure compétitivité, il réduit également drastiquement son propre salaire. Une telle mesure aurait plusieurs avantages :

  1. plus d'équité sociale et donc plus d'acceptabilité des efforts consentis

  2. plus d'effet direct sur le dirigeant, ce qui pourrait l'inciter à mettre la pédale douce

  3. moins d'entente entre actionnaires et dirigeants d'entreprises ; en effet le dirigeant écouterait un peu moins les consignes d'actionnaires visant à maximiser leur profit au détriment du salaire des employés d'une part voire même au détriment de la survie de l'entreprise d'autre part.

b) L'essentiel c'est considérer que l'entreprise n'est pas la seule propriété de l'entrepreneur ou des actionnaires ; si l'entreprise s'est développée c'est d'abord grâce à tous les salariés qui ont oeuvré pour elle. Le salaire n'est qu'un élément de rétribution du salarié comme du patron. Le deuxième élément est la valeur de revente de l'entreprise. Le salarié comme l'entrepreneur doit bénéficier de revenus lors de la vente de l'entreprise. Lors de la vente de l'entreprise, 50 % sont attribués à l'entrepreneur et/ou aux actionnaires, 50 % sont attribués au personnel présent dans l'entreprise lors de la vente.

 

Il faut arrêter de dire que l'entrepreneur et/ou les actionnaires prennent tous les risques et à ce titre empochent le total de la vente ; c'est faux ; on le voit bien aujourd'hui : les salariés prennent d'énormes risques lorsqu'ils signent un CDD avec une entreprise puisqu'ils risquent d'être licenciés à la moindre difficulté économique de l'entreprise. Au niveau risque, dans le contexte économique actuel incertain, patron et salariés sont au même niveau.

 

Cette mesure du 50/50 lors de la vente d'une entreprise présente quelques avantages :

  1. une plus value moindre pour le patron ou les actionnaires et donc un peu moins d'intérêt à vendre.

  2. Une plus juste répartition des plus values entre patron et salariés et donc une forme de justice sociale

  3. Une contrepartie pour le salarié le moins bien payé : lors de la vente de l'entreprise, il touchera au prorata du nombre des employés, une part égale à celle du cadre le mieux payé.

  4. Abandon du système des stocks options ou de l'intéressement qui est très inégalitaire.

 

c) L'essentiel c'est bien analyser l'utilité de la production ou des services rendus par l'entreprise ; même si elle fait des affaires, une entreprise qui produit un objet ou rend un service néfaste pour l'humanité ou pour la planète est en réalité néfaste. Il faut donc abandonner la mesure des performances d'une entreprise sous le seul angle économique et financier ; à l'inverse il faut instaurer une mesure de l'efficacité environnementale de l'entreprise.

 

Une entreprise doit produire des aliments, des biens durables (par opposition au jetable), des services réellement utiles à la vie des gens. Toute entreprise ne peut être vertueuse sur ces aspects. Par exemple, EDF qui nous fournit en électricité (considéré comme bien/service durable) utilise pour cette production des énergies fossiles et fissiles, produit simultanément de dangereux déchets radioactifs. Le bilan environnemental d'EDF ne peut donc se réduire au comptage de sa production annuelle en GigaWattHeure ; il faut également décompter toutes les nuisances apportées par cette production. Si le bilan reste positif, l'entreprise EDF est qualifiée d'utile ; si à l'inverse le bilan est négatif, l'entreprise est qualifiée de néfaste. Selon ce caractère néfaste l'entreprise sera taxée ou au contraire aidée pour le caractère utile.

 

Toute entreprise a donc intérêt non seulement à tenter d'accroître son chiffre d'affaire mais aussi à diminuer sa nocivité.

 

d) L'essentiel c'est admettre que tous les citoyens ne peuvent être au travail comme salariés ou comme entrepreneurs ; pour des raisons variées, enfance, chômage, vacances, maladie, activité politique, retraite, rentier certains de nous ne travaillent pas. Ils ont néanmoins le droit de vivre décemment.

Une allocation de survie est donc attribuée à chacun de nous ; son montant ne dépend pas de la qualification des individus et de son état de travailleur ou non. Son montant est fixe (*).

Toute personne qui travaille ou ne travaille pas ou plus touche cette allocation de survie.

Le salaire d'un salarié se compose donc de cette allocation d'une part et de la rémunération donnée par l'entreprise ; cette rémunération est donc, en fait, diminuée de la part correspondant à l'allocation de survie. L'allocation de survie est distribuée par l'Etat qui se finance en prélevant sur les travailleurs, sur les entreprises, sur les biens immobiliers. Le montant de l'allocation de survie est dépendant de ces prélèvements. S'il y a peu de gens au travail, peu d'entreprises en activité, peu de biens immobiliers, la recette sera faible ; le montant de l'allocation de survie établie au prorata des habitants du pays sera faible aussi. Si à l'inverse l'activité est bonne, le montant de l'allocation de survie sera plus élevé.

 

(*) en première analyse : car si on ne veut pas inciter à plus de natalité, il faut éviter de rendre l'allocation de survie proportionnelle au nombre des enfants. On peut mettre en place un seuil à 2 enfants touchants chacun l'allocation de survie plein pot ; au delà, cette allocation est divisée par 2, puis par 3, … de façon à décourager les grandes familles.

 

Evidemment les quelques mesures proposées ici sont révolutionnaires même si elles ont déjà été avancées. Ce sont pourtant les seules qui vaillent si on veut d'une société plus juste, plus humaine, plus sûre avec de l'avenir.

 

Le consensus obtenu à l'arraché par les acteurs sociaux a du bon mais il est trop timide pour changer réellement les choses ; c'est sans doute parce qu'il ne met pas en péril le modèle économique existant que les patrons ET les salariés l'ont signé.

 

Et si rien ne change vraiment, si les riches s'enrichissent toujours plus, si les pauvres s'appauvrissent encore plus, alors il n'y a aucun espoir de sortie de crise économique ou environnementale.

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Published by Christian de Lille - dans Les chroniques
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