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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 18:56

Ca veut dire quoi ?

Remplacer toutes les énergies de stock par des énergies renouvelables.

Les énergies de stock sont : les hydrocarbures (gaz d'extraction, pétrole, charbon), l'uranium

Les énergies renouvelables dites encore de flux sont: le soleil, le vent, l'hydraulique, la biomasse, ...

 

Pourquoi elle est nécessaire ?

Parce que les ressources en hydrocarbures qui représentent le gros de la consommation s'amenuisent ; le coût de cette ressource augmente et augmentera de plus en plus fort au fur et à mesure de sa rareté ; c'est la même chose pour l'uranium.

Parce que l'on sait que la consommation des hydrocarbures est responsable en grande partie de l'effet de serre ainsi que de pathologies liées à la pollution de l'air par ces hydrocarbures.

Parce que la consommation de l'uranium produit des déchets radioactifs que l'on ne sait pas rendre inactifs par la technologie et que l'on doit donc gérer pour des siècles ces déchets extrêmement dangereux pour le vivant.

Parce que la recherche de la moindre source d'hydrocarbure implique dorénavant des techniques très pointues et très risquées avec des dommages environnementaux considérables. Même constat pour l'uranium.

 

Pourquoi il faut commencer au plus tôt ?

Parce que la transition vers les ressources énergétiques renouvelables suppose d'utiliser de l'énergie de préférence bon marché, pour construire les nouveaux équipements.

Parce que la transition permet de diminuer les pollutions et de limiter la masse des déchets résultant de la consommation des ressources de stock.

Parce que la transition est une excellente orientation nouvelle pour la société, un grand projet qui peut mobiliser toute une nation, une communauté européenne, le monde même.

Parce qu'il ne faut pas avoir un métro de retard sur ceux qui ont déjà prix le virage de la transition énergétique.

 

Comment faire comprendre au citoyen lambda, cette urgence ?

En donnant un nom plus sexy à la transition énergétique (le bond en avant, le progrès énergétique, ...)

Par la communication sous réserve que celle-ci soit plus dense et plus intelligente que la publicité pour des yaourts ou des produits de beauté.

Par l'incitation à faire des économies de chauffage, de refroidissement, de circulation moins individuelle, plus rationnelle.

Par des mesures radicales favorisant financièrement l'usage des transports en commun.

 

Comment aborder la transition énergétique ?

  1. L'électricité : Si on observe quelques pays européens engagés dans la transition, il semble que l'accent est mis sur le changement dans la production d'électricité ; en effet c'est sans doute le plus facile. On sait très bien produire de l'électricité à partir des panneaux photovoltaïques, du vent, de l'hydraulique. On commence à savoir le faire des marées, de la houle, etc … Nul doute qu'au fur et à mesure du développement de la filière ENR on trouvera de nombreuses sources d'ENR.

    Le problème est que les ENR sont très variables dans le temps et qu'il faut mettre en place des solutions pour y palier :

    Le stockage/restitution d'énergie sous diverses formes

    Le foisonnement et le couplage des réseau (il y a toujours du vent sur une région d'Europe, il y a toujours du soleil sur la Terre)

    L'adaptation intelligente et immédiate de la consommation à la production disponible.

    Toutes ces techniques marchent déjà et se complètent ; manque leur généralisation.

  2. Les déplacements : C'est la la grande difficulté ; une très grande part des hydrocarbures est utilisée pour les déplacements car c'est une énergie très pratique dans ce domaine (voitures, camions, bateaux et péniches, avions). Quand cette source d'énergie viendra à manquer drastiquement, que ferons nous ?

    Nous avons 3 possibilités : soit réduire fortement nos déplacements motorisés à base d'hydrocarbures (fin du tourisme lointain par avion ou bateau, fin des déplacements individuels quand c'est possible), soit faire ces mêmes déplacements avec des énergies renouvelables, soit produire des hydrocarbures à partir de renouvelables.

    a. réduire fortement nos déplacements motorisés

    C'est sans doute la meilleure chose à faire avec effet immédiat ; mais nombre de citoyens qui se sont éloignés des villes pour s'installer dans une maison en zone verte auront beaucoup de mal à changer leurs habitudes. On notera cependant que de nombreuses régions de France ont un tissu de transports en commun (train, bus, tramway, métro) qui permet d'abandonner le véhicule personnel moyennant quelques accomodations tant dans le trajet domicile-travail que dans le trajet de travail.

    b. remplacer les hydrocarbures par des énergies renouvelables

    Il s'agit de faire des véhicules électriques par exemple ou encore des véhicules à air comprimé (ça existe depuis longtemps). Mais, en l'état actuel de la technique, ces véhicules ont une faible autonomie et le nombre des stations services prêtes à les ravitailler est presque inexistant. Enfin, la recharge en électricité de ces véhicules implique un accroissement de la production électrique en renouvelable, ce qui accroit la difficulté de la transition. Néanmoins, l'ensemble de stockage d'électricité représenté par ces véhicules généralisés pourrait constituer une forme de stockage utile comme vu au point précédent.

    c. produire des hydrocarbures à partie de renouvelables

    Cette production peut se faire de 3 façons différentes ; soit par utilisation des lisiers, des ordures ménagères et autres fermentations possibles, soit par la transformation de cultures agricoles (maïs, colza, …), soit par transformation chimique avec apport d'énergie pour la transformation.

    ca. utilisation de la fermentation

    C'est une voie intéressante dans la mesure où elle n'a pas d'impact sur les surfaces cultivées et qu'elle évite la perte et l'émission de méthane dans l'atmosphère ; sa généralisation est envisageable et réaliste. Reste à savoir ce que cette production représente par rapport aux besoins des transports.

    cb. utilisation de surfaces agricoles

    C'est une voie déjà exploitée tout particulièrement au Brésil et aux US ; elle est très contreversée en Europe et même dans le monde en général car elle sacrifie des surfaces cultivables. Or la population mondiale accrue implique d'augmenter fortement la production agricole d'ici 2050. On peut donc considérer que cette voie est condamnée à brève échéance.

    cc. transformation chimique avec apport d'énergie

    Il s'agit de produire de l'hydrogène ou mieux du méthane par des procédés électro-chimiques ; cette production est compatible avec le besoin de stockage des ENR (photovoltaïque ou éolien). Une partie de cette production serait utilisée pour les déplacements, une autre partie serait gardée pour être utilisée dans des centrales électro thermiques d'appoint (manque de soleil ou manque de vent). Reste à savoir ce que cette production représente par rapport aux besoins des transports.

     

  3. Le chauffage et la climatisation

    Tout particulièrement en hiver et parfois lors des grandes canicules d'été, nous avons besoin de beaucoup d'énergie ; la part correspondante est du même ordre de grandeur que les déplacements, donc très importante. Comment pouvant nous imaginer la transition dans ce domaine ? Nous pouvons soit faire des économies directes, soit prendre des mesures qui de facto, feront économiser de l'énergie, soit se chauffer ou se refroidir exclusivement avec des ENR.

    a. faire des économies directes

    C'est le plus facile techniquement et financièrement, le plus difficile humainement. Car il s'agit d'accepter d'avoir froid dans certaines pièces de notre logement et de compenser par des vêtements ou des couvertures épaisses et chaudes. Idem en été, quelques mesures de bon sens évitent que la température monte dans les pièces sans qu'il soit nécessaire d'utiliser un climatiseur. Au passage, ce point est vrai également pour les véhicules.

    Certaines catégories de la population peuvent difficilement se plier à ces mesures drastiques (personnes âgées, enfants, malades, …). Donc l'économie directe aura sans doute une portée limitée.

    b. prendre des mesures qui feront économiser l'énergie

    Il s'agit d'isoler très sérieusement nos logements et bureaux, de les orienter mieux, de les préserver du soleil d'été, etc … C'est une des mesures qu'il faudrait faire au plus tôt et complètement car par ce moyen il est possible d'avoir des logements passifs, c'est à dire qui ne consomment plus d'énergie. De ce fait les économies réalisées sont considérables et durables ; elles sont d'autant plus visibles que le prix de l'énergie augmente, chose qui paraît inéluctable.

    c. se chauffer et/ou se refroidir avec une énergie renouvelable

    Telle l'électricité sous réserve que sa production soit à base de renouvelables ; telle encore que la géothermie ou le solaire ou même l'éolien utilisé en production de chaleur.

    L'utilisation de l'électricité pour se chauffer pose d'énormes problèmes à la France chaque hiver ; en cas de grand froid nos centrales nucléaires pourtant surdimensionnées ne parviennent pas à produire suffisamment ; il faut faire appel aux centrales thermiques ou aux éoliennes qui fournissent beaucoup par grand vent assez souvent conquémittent avec un grand froid. Donc, la piste du chauffage électrique est à exclure.

    Les panneaux solaires thermiques sont une bonne solution, la géothermie de préférence sans PAC, l'éolien, les réseaux de chaleur sont à considérer sérieusement. En effet, compte tenu de la difficulté à connaître et réguler la quantité de chaleur à fournir, la plupart des centrales électrothermiques actuelles rejettent dans l'atmosphère de grandes quantités de chaleur perdue. Il y a donc là un gisement de chaleur à exploiter.

 

Combien va coûter la transition énergétique ?

Un max, très cher c'est certain, surtout au début ; ce n'est pourtant pas une raison pour attendre et voir.

Parce que la transition est vitale est nécessaire

Parce que le schéma économique classique ne marche pas ; ici, on ne cherche pas le profit financier immédiat et maximum, on cherche le profit environnemental ou du moins sa préservation au mieux ainsi qu'à survivre au grand choc de pénurie des ressources de stock.

 

Le slogan : en France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées … est à remettre à l'ordre du jour et à changer quelque peu :

en France, on n'a ni pétrole, ni uranium mais on a du soleil, du vent, de l'eau pour notre devenir !

 

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Published by Christian de Lille - dans Consommation
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