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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 21:30

Article de Philippe Chalmin 

- paru page 58 de Marianne n°823 du 26 janvier au 1er février 2013

Cet article dénonce l'opposition des français à l'exploitation des gaz de schistes (GDS)

 

Reprenons point par point ces arguments de Philippe Chalmin afin d'en démontrer la justesse ou la fausseté.

a) Plus grande indépendance énergétique des USA

 vrai, quoiqu'il faudrait mesurer la part de l'import du gaz dans le total des importations des USA; si cette part est faible, ce qui est le cas, l'indépendance obtenue est toute relative !

b) Effondrement du prix du gaz

 vrai, sauf que cet effondrement du prix rend l'exploitation des GDS de moins en moins rentable. En fait, c'est la subvention versée par l'état américain pour chaque puits foré et restant ouvert qui rend l'opération rentable pour les compagnies pétrolières. A l'inverse, le citoyen américain subventionne donc un gaz qui n'est pas si bon marché !

c) Attaque du film Gasland et négation des dégâts de l'exploitation des GDS

 il s'agit d'un argument répété en boucle par tous les pro GDS; en réalité, l'exploitation du GDS est un véritable massacre environnemental pour plusieurs raisons bien connues mais que Philippe Chalmin se garde bien d'évoquer:

 1. Un puits permet d'exploiter du GDS pendant 1 an ou 2 maxi et ce sur une surface de 2,5 km2 seulement; il faut donc refaire un puits à moins de 2km plus loin pour continuer l'exploitation. Or pour chaque puits creusé il faut environ 10.000 m3 d'eau dont 2/3 restent dans la roche sans que l'on sache les effets à long terme et dont 1/3 pollué par les produits chimiques ajoutés, reste stocké en surface dans une réserve temporaire réputée étanche et en attente de son traitement éventuel. Donc tous les 2 km environ on trouvera, après exploitation, des bâtiments et des piscines d'environ 3300 m3 emplies d'une eau gravement polluée.

 2. Il faut faire venir cette eau dans une installation proche du puits; la solution la plus économique pour approvisionner en eau, compte tenu de la courte durée de vie de l'exploitation est donc le camion, ou plutôt une nora de camions, des routes construites temporairement, des nuisances par le bruit et les gaz d'échappement de ces camions.

De plus, cette eau serait bien plus utile pour l'agriculture ou l'alimentation humaine en général. Aux USA, il y a déjà conflit avéré entre les pétroliers GDS et le monde agricole !

 3. Le GDS ne remonte pas sagement par le tuyau, horizontal sur 1km puis vertical sur 2km environ. En effet la fracturation hydraulique se fait par portions successives de 100 à 200m de tuyau horizontal; les possibilités de remontée directe du GDS, c'est à dire du méthane à la surface sont toujours possibles; de plus la technique impose l'utilisation de tubes gigognes emboités les uns dans les autres, multipliant ainsi les risques de fuites à chaque emboitement. Ces remontées non maîtrisées de méthane ont bien été mises en évidence dans le film Gasland. Plus récemment à Pavillon (USA), siège d'une exploitation de GDS, l'équivalent de notre agence de sécurité sanitaire à révélé et dénoncé le fait que l'eau d'adduction n'était plus potable de par la présence de plusieurs hydrocarbures à des doses dangereuses pour l'homme. D'ailleurs la population locale s'approvisionne en eaux en bouteilles !

 4. Le GDS ou méthane est un hydrocarbure; par sa combustion, il produit donc du CO2 comme tout hydrocarbure; il aggrave le réchauffement climatique dont l'origine liée à l'utilisation humaine des hydrocarbures est acceptée par la communauté scientifique mondiale. Les ressources en GDS sont relativement faibles par rapport aux ressources conventionnelles. Pourquoi donc s'obstiner à puiser les dernières moles d'hydrocarbures dans ces conditions ? De plus le méthane non brulé qui s'échappe à l'air libre est un GES beaucoup plus puissant que le CO2.

Ne serait-il pas plus raisonnable de se tourner, dès maintenant, vers des sources d'énergie plus propres et renouvelables ?

d) D'autres pays entrent dans la course, sauf la France

 vrai en partie seulement car ces pays européens en sont au début et déchantent parfois sur le volume des ressources GDS estimées !

 Nous ne sommes pas des moutons de Panurge; pourquoi faudrait-il faire la même erreur que les USA ou que nos voisins ? Gardons notre GDS sous nos pieds; il ne prendra que plus de valeur dans quelques dizaines d'années, du moins si la technologie future est capable d'éviter les pollutions et la génération de gaz à effet de serre.

e) Les verts sont à l'origine d'une loi d'interdiction

 vrai et quelle chance pour notre pays qui se montre vertueux dans ce domaine, qui applique le principe de précaution avant le principe du profit immédiat de grosses sociétés.

f) Le président François Hollande est mou

 Encore une assertion répétée en boucle par une droite qui ne digère pas l'échec de son candidat aux présidentielles; il est évident que cette assertion, presque diffamatoire, ne mérite pas d'être retenue et qu'elle diminue ses auteurs.

g) Le principe de précaution bloque les inventions technologiques majeures

 vrai, et pour la survie des hommes. Si le principe de précaution avait existé au début de l'ère industrielle, l'exploitation du charbon n'aurait peut être pas pu se faire. 

 Les néo-libéraux, les économistes bon teint, pensent sans doute que c'eut été une catastrophe, que notre essor industriel et économique aurait été brisé à jamais; et se disent, heureusement, le principe de précaution n'existait pas encore !

 Les gens plus soucieux de l'environnement que de leurs sous ou de leur petit confort, pensent au contraire, que l'extraction du charbon, puis du pétrole et du gaz à des prix relativement bas, ont empêché une prise de conscience environnementale au plus tôt et ont retardé considérablement le développement d'énergies renouvelables et propres; ils pensent aussi, que les énergies de stock bon marché ont favorisé la gabegie et rendent bien difficile aujourd'hui les efforts de sobriété énergétique. Mais ils savent aussi que l'avenir de l'humanité passe par le renoncement à toutes les énergies ou minéraux extraits parce que ce stock est épuisable. Il faut se tourner vers le recyclage de tous les matériaux et objets; il faut limiter notre consommation d'énergie, faire marcher nos bras et nos jambes plus que les machines; il faut n'utiliser que les énergies renouvelables pour assurer la survie de nos enfants et leur laisser en héritage, un monde qui reste vivable et sain où que l'on se trouve sur Terre.

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Published by Christian de Lille - dans Les chroniques
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