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Aventures d'Olibiobus

Dimanche 1 janvier 2006

Néanmoins à force de croisements, de manipulations génétiques guidées par les expériences, de participation intense des couples de chercheurs, l'équipe du professeur Olibiobus parvient à mettre au point une bonne graine de maison.

Il faut encore de longs mois pour éprouver cette semence et tester tous les rejetons de maisons dans des conditions parfois drastiques. La maison devenue grande, adulte en quelque sorte doit résister à tous les climats sur Terre; cette condition voulue par les dirigeants d'Obioproduits est réalisée par la production de diverses variétés; en gros, Obioproduits peut enfin commercialiser cinq sortes de semences. Une semence pour les climats chauds et secs, une semence pour les climats chauds et humides, une autre pour les climats tempérés, une autre pour les climats très froids et enfin une semence dite universelle qui est censée s'acclimater en tout endroit de la Terre. Cette dernière variété est très intéressante du fait de son universalité mais elle produit des maisons un peu... rachitiques.

Imaginez le bonheur d’un jeune couple qui plante la graine avec amour puis vient vérifier et guider la croissance de son nid d’amour, chaque jour. Cette visite quotidienne est en effet obligatoire ; la pousse de maison a besoin de l’amour de ses futurs propriétaires et de leurs directives pour croître harmonieusement et en accord avec les besoins des futurs habitants. Dans une certaine mesure le parcours des Biotuyaux peut être guidé quoique par défaut, ce parcours soit optimal.

Christian et Françoise viennent d’arriver, tôt le matin, sur le site où ils ont planté la graine de leur nouvelle maison. Déjà un mois que la petite graine plantée par le jeune couple, se développe dans le sol. Françoise dit :

-- Nounours, il me semble distinguer la structure nerveuse de la maison : je devine ici le passage du BiotuyEau et là le passage du BiotuyElec!

-- Tu as raison, P’tite môme, dit Christian, et je vois de ce coté ci, le chemin que se fraie le BiotuyTel. C’est important pour moi, tu le sais bien; il faut que je puisse être connecté à Internet dès que nous habiterons la maison.

-- Tu exagères mon chéri, il n’y a pas que l’Internet dans ta vie, il y a moi aussi et c’est heureux ! Vois-tu la naissance du Biogazon dans la direction du soleil ? Pour l’instant ce n’est qu’un fin duvet sans couleur, étrange, non?

-- Oui je vois, c’est le sol de notre future chambre qui recevra les rayons du soleil chaque matin ; en été, nous pourrons faire des galipettes tout en nous dorant au soleil …

-- C’est bien toi ! Tu ne penses qu’à ça. Désolé de te décevoir, si c’est ok pour les plus chaudes galipettes, par contre, je dois te faire remarquer que le soleil matinal ne bronze pas beaucoup les corps !

-- P’tite môme, je crois que tu n’as pas bien compris ; à onze heures, nous serons encore ensemble et si nous faisons l’amour à cet endroit, là tu vois, nous serons exposés à un soleil déjà fort ! Et n’oublie pas que l’on peut ouvrir des fenêtres partout !

-- Certes, dit-elle mais de ce coté, les voisins seront aux premières loges et à cette idée, je suis toute refroidie…

-- Mais non, ce n’est pas réaliste, ils auront une maison orientée comme la notre et donc aucune visibilité vers nous.

-- Tu me rassures Christian, et elle prend sa main dans la sienne pour continuer la visite de leur futur home. Au passage ils caressent le bout de Biogazon qui deviendra le sol de leur chambre.

Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Ophilip et Oannie participent aux recherches du professeur Olibiobus. La petite maison dont ils ont la responsabilité a maintenant la taille d'une grande maison de poupée. Ophilip ou Oannie ne peuvent pas encore s'y tenir debout, mais ils peuvent déjà s'y étendre de tout leur long. La maison ressemble à un jouet, un peu comme une tente de jeux pour enfants. Son aspect est ludique et engageant.

-- Ophilip !

-- Oui Oannie, que veux tu ?

-- Chut, Approches toi !

Ophilip rejoint sa compagne. Celle-ci lui chuchote toute émoustillée:

-- La maison me rappelle mes jeux d'enfance et je voudrais y jouer ce soir avec toi ...

-- Euh... oui, pourquoi pas ! Et à quoi jouerons nous ? Demande-t-il faussement naïf

-- Au docteur ... dit-elle à voix basse avec des yeux de braise

-- Tu as de ces idées !

-- Hum. Hum ...

-- D'accord, mais soyons discrets; attendons que le champ laboratoire se vide un peu avant d'entrer dans ... notre tente.

-- Bien évidemment. Je n'aimerais pas que cela se sache ! Quoique je me demande si nos voisins ne l'ont pas fait, hier soir ?

-- Tu crois ?

-- Je trouve, en tous cas que leur maison a cru énormément vite en l'espace d'une nuit ...

-- Bon, allons manger chez Odette, maintenant...

-- ... Et revenons jouer dans la maison d'ici une bonne heure !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ophilip et Oannie reviennent donc un peu plus tard, l'estomac empli juste assez pour avoir l'énergie et le coeur réjoui à l'idée de leurs jeux imminents.

Ils entrent dans la maisonnette. Ils s'assiéent l'un en face de l'autre en tailleur.

Oannie dit alors sur un ton plaintif:

-- Je ne me sens pas très bien; je crois que je suis malade! Pouvez vous m' ausculter Docteur Ophilip ?

-- Certes Madame Oannie, allongez vous je vous prie, je vais vous ausculter.

-- C'est grave, Docteur ?

-- Je ne sais pas encore, mais il faudrait vous déshabiller pour que je puisse bien écouter votre coeur et en compter tous les battements !

Oannie commence à se déshabiller avec grâce; elle enlève son tee shirt lascivement.

-- Madame Oannie, ça n'est pas suffisant, veuillez enlever votre soutien-gorge !

Il faut que je pose mon oreille à même votre peau pour bien entendre tous les bruits émis par votre coeur !

-- Je comprends dit Oannie qui s'exécute ; elle dégraffe son soutien avec nonchalence, le jette par devant elle, puis présente son sein gauche, celui au plus près du coeur, sous le nez du bon docteur Ophilip.

Ophilip pose son oreille droite juste sur l'aréole du sein d' Oannie; de sa main droite placée derrière le dos de sa compagne, il maintient une pression ferme de sa tête contre la poitrine d'Oannie.

-- Mais votre coeur bat la chamade, Madame Oannie, je n'arrive pas à compter !

-- Que puis-je faire, que dois-je faire, Docteur ?

-- Il faut vous mettre à l'aise, il faut que tout votre corps respire bien; je trouve que vous êtes trop à l'étroit dans ce jean. Voulez vous l'enlever ?

-- Oui, Docteur ! susurre-elle malicieusement. Quand vous avez appuyé votre tête contre moi j'ai senti le tissu rêche de votre chemise sur mon ventre; ce contact n'est pas agréable. voulez vous retirer cette chemise ? Tant qu'à me sentir à l'aise, je préfère sentir votre peau si douce pour moi !

-- Comme vous y allez Madame Oannie !

Ils se déshabillent un peu plus tous deux. Les voici maintenant torse nu avec juste un slip chacun.

-- Allongez vous et détendez vous ! Reprend Ophilip. Et il écoute de nouveau le coeur de Oannie qui bat un peu plus intensément. Il faut dire que le contact de leurs peaux éveille un peu plus leurs sens et fait monter leur désir l'un de l'autre.

-- Votre coeur bat toujours beaucoup, Madame Oannie ...

-- Oui, je le sens bien ! Le votre aussi, ce me semble !

-- Vous croyez ? Bon il nous faut toujours plus d'aise à vous comme à moi !

Permettez que je vous aide ...

Oannie lève ses fesses tandis que son gentil docteur lui ôte sa petite culotte.

-- Me voici fort aise dit-elle; je me sens déjà un peu mieux. Et vous Docteur ?

Sur que ça va comme vous voulez ?

-- Hum... je suis un peu tendu !

-- Je vois ça, là au bas du ventre, il y a un gros renflement.

-- Oui! Ca ressemble à une montée de fièvre ...

-- De sève voulez vous dire ! C'est le printemps ! Permettez que je vous soigne à mon tour !

-- Mais c'est moi le docteur! dit Ophilip

-- Non, non ! On inverse les rôles, c'est moi désormais.

-- Ok. Ce renflement m'inquiète. Est-ce grave ? Chère docteresse

-- Permettez que je tâte. Humm... C'est dur, c'est chaud et bien trop comprimé par le tissu de votre slip... Je vois: il faut vous mettre à nu d'urgence !

Oannie soulève le slip de Ophilip et découvre le membre viril dans son meilleur état. A genoux devant son patient, de sa main elle enserre l'engin et dégage bien le gland et la hampe.

-- Voyons, voyons... J'aime bien quand c'est dur et chaud. Et elle se met à sucer goulûment le sexe de son compagnon de jeu, puis à lui lécher la hampe.

-- Je ne sens un peu gêné dit Ophilip, je pense que mes couilles manquent d'air !

-- Je vais y remédier ...

Ophilip relève ses jambes obligeant Oannie à lever haut ses bras pour retirer le slip. Ce faisant, elle dresse ses jolis petits seins pointus vers le toit de la maisonnette. Le spectacle charmant et sensuel que lui offre Oannie excite un peu plus fort Ophilip. Oannie laisse son amant se réjouir à cette vision quelques secondes puis assouvit son désir de sucer et sucer encore ...

De son coté Ophilip allonge bien ses bras et peut de ses mains pétrir les seins de sa partenaire.

Les enfants ne sont pas très persévérants dit-on; est-ce bien sûr si l’on en croit Oannie et Ophilip ? En tous cas s'il est vrai qu’ils aiment à varier leurs jeux, il est encore plus certain que ces jeux là s'établissent dans la durée.

-- Votre affaire est grave, Monsieur Ophilip, Il va falloir que j'emploie les grands moyens !

-- Si vous le sentez, Docteur Oannie, je suis à vous ...

Et avant que Ophilip ne termine sa phrase, Oannie a attrapé la tête de Ophilip pour l'embrasser avec fougue, s'est avancée, a plié ses genoux et s'est assisedans un mouvement gracieux  sur le sexe de son compagnon qui glisse en douceur dans son sexe ruisselant. Elle est à califourchon sur lui, lui faisant face. Il lui suffit de plier davantage ses jambes pour faire entrer plus ou moins profondément le membre de Ophilip en elle.

Ophilip n'est pas passif pour autant: il caresse les seins, le ventre les hanches et le bas du dos de sa compagne. Grâce à ses abdominaux il peut accompagner les glissades que lui impose Oannie, ce qu'il ne manque pas de faire, en cadence.

-- Ahhh... Que c'est bon! Vous m'avez requinqué, Docteur Oannie !

-- Ohhh... Pas trop vite ! Ma prescription n'est pas complète!

Ophilip sens avec grand plaisir que son sexe est serré de plus en plus fort. Oannie s'applique à masser vigoureusement avec de plus en plus d'amplitude le sexe de Ophilip. Il lui semble que le gland de celui-ci grossit et durcit de plus en plus en elle. Elle en profite pour faire une pause bonheur, comme elle dit; elle arrête les mouvements de glisse, se tiens droite, plie les jambes au plus qu'elle peut, bloque le gland de Ophilip tout au fond de son vagin et ferme les yeux pour mieux sentir. Ophilip a compris; lui aussi s'accorde une pause, les abdominaux tendus pour rester dans la position désirée par Oannie. Mais leurs sexes ne sont pas au repos pour autant. L'un et l'autre les sentent bien vivre réciproquement et ils voudraient prolonger le plus longtemps possible cette merveilleuse sensation. C'est Oannie qui veut varier le jeu.

-- Je voudrais te montrer mes fesses. Dis moi qu'elles sont belles et intelligentes! Et elle lui tourne promptement le dos tout en maintenant le sexe de Ophilip en elle. Dans cette nouvelle position, la pénétration est plus profonde et elle se peut retenir un cri de plaisir.

-- Ahhhhhh...

Ophilip s'est relevé sur ses coudes, aidé par le Biogazon qui semble se mettre de la partie. Ophilip est maintenant comme dans un fauteuil; de ses mains libres il caresse le front, le cou, les épaules, les seins, le ventre de Oannie, d'un doigt léger effleure juste assez son clitoris dressé pour la faire crier encore.

-- Ouhhhhh

Ils sont enchassés l'un dans l'autre comme deux cuillères; ils se touchent et se sentent de partout ou presque. Ophilip lui fait un baiser dans le cou qui la fait tressaillir. Elle tourne la tête vers lui afin qu'ils puissent s'embrasser une dernière fois sur la bouche avant l'explosion finale. C'est un signe convenu et presque inconscient entre eux. Ophilip le sait. Oannie se penche vers l'avant offrant totalement ses fesses au regard de son amant. Ophilip se retire d'elle quelques longues secondes, le temps pour tous deux de reprendre leur souffle, de douter de l'extase finale, d'accroître leur plaisir par cette attente qu'ils s'imposent. Puis Ophilip s'appuie sur ses genoux, attrape fermement les hanches de Oannie dans ses mains et enfonce son sexe très loin en elle.

-- Ahhhhhhh... (de Oannie)

-- Ahhhhhhh... (de Ophilip!)

Les mouvements, les coups de bélier de Ophilip sont allongés et puissants. Les serrements que le vagin de Oannie imprime au sexe de Ophilip le sont tout autant. Oannie crie fort à chaque coup. Ophilip crie une fois sur deux. (ah bon?) Ils ne peuvent pas tenir un tel rythme bien longtemps. C'est ensemble qu'ils arrêtent net au moment précis où le gland de Ophilip est presque à toucher le coeur de Oannie; on dirait que le coeur de Oannie et le gland de Ophilip battent aussi fort l'un que l'autre et à l'unisson... Tandis que Ophilip se libère de sa tension extrême dans un grand cri rauque, Oannie sens gicler le sperme de Ophilip dans son ventre... Ophilip reste en elle toujours durci; il ressens les vibrations que le vagin de Oannie imprime à son sexe et n'ose bouger. Oannie de même garde ce morceau de jouissance en elle autant que faire se peut...

C'est à la nuit tombée que Docteur Ophilip et Docteresse Oannie quittent main dans la main, la maisonnette des jeux d'amour bien décidés à recommencer ... dès demain peut être!

Malgré leurs preuves d'amour réitérées, la maison de Ophilip et Oannie ne ressemble à rien de très chouette. C'est plus une cabane de jardin sans allure qu'une maison habitable à demeure. Si les jeux de Ophilip et Oannie sont bien rodés, on ne peut en dire autant de la maison; celle-ci n'est pas encore au point.


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Chapitre 7

L'habitation vivante infiniment adaptable

Quand l'homme habite au coeur d'un biotissu

Toutes les semences de ces Biotuyaux sont vendues par millions dans le monde entier; Le BiotuyTel a un moindre succès car il est concurrencé par les télécommunications sans fil. Néanmoins sa très grande fiabilité et la haute qualité des liaisons réalisées avec son concours lui réserve l’usage des communications sensibles. En effet la plupart des altérations de ce tuyau dues par exemple à un coup de pioche malencontreux se réparent automatiquement. Le cantonnier qui a donné le mauvais coup de pioche est de plus alerté par un bruit fort et langoureux, comme une sorte de plainte émise par le tuyau vivant malmené. Dans les cas extrêmes, ce cantonnier peut donc aider à la réparation du tuyau téléphonique dans les plus brefs délais.

Le nouvel enrichissement de Obioproduits généré par ses filliales Osansmousson, Ossagaze, Oprodf, Osanitaire et Otelecom permet de mettre en place et de financer un programme de recherche important. Les dirigeants de la société Obioproduits savent bien qu'il leur faut toujours trouver de nouveaux produits, donc de nouveaux marchés; cette course en avant est nécessaire car les anciens bioproduits ayant été reproduits ou copiés, les ventes correspondantes sont en chute libre. Le Pdg de Obioproduits a toute confiance dans le professeur Olibiobus et son équipe. Il lui demande donc de bien vouloir animer une fois encore ce nouveau programme de recherche. Dans un premier temps Oscar Olibiobus pense qu'il serait utile de reprendre ses recherches de base sur Biogazon, Biotoit et Biomur en vue de faire une graine composite capable de faire naître une maison tout entière.

Les talents de chercheur du professeur ne sont plus à démontrer; ce chercheur travaille dur, insuffle sa foi et sa détermination à son équipe; tous ensemble, unis, convaincus, éclairés, ... trouvent.

Oscar Olibiobus réussit à faire une première semence de maison équilibrée réunissant en quantité suffisante de quoi, faire les fondations, couler les sols, monter les murs et construire la toiture d'une maison.

Un peu plus tard, son collègue de la pampa argentine rejoint l'équipe de chercheurs; ensemble ils créent la semence de maison complète. Une seule semence plantée sur le terrain de son choix suffit pour obtenir en moins de neuf mois une maison complète qui se raccorde à tous les réseaux.

Comme toujours, les premières graines tests ont des résultats quelque peu surprenants; une première maison test naît avec un toit mais ni murs, ni sol ! Par facétie, certains chercheurs la baptisent OlaHutte, d'autres préférent parler de OmaTente!

Une autre maison surprend les chercheurs: cette maison a un grand nombre de sols et des murs très, très hauts. Dans un premier temps, ils s'en amusent et l'appellent OlaTour. Sauf que telle celle de Babel, celle-ci s'écroule sur elle-même !

Un autre essai amuse les chercheurs: la maison semble parfaite; elle a un sol, des murs et un toit en bonne place; mais les tuyaux d'eau, de gaz ou d'électricité ressortent par tous les murs et deviennent donc bien visibles; certains d'entre eux trouvent l'esthétique de cette maison plus qu'originale et apprécient à sa juste valeur; un autre groupe de chercheurs trouvent que cette maison est d'une grande laideur! M'enfin les deux groupes tombent d'accord pour baptiser celle-ci Obeaubourg !

Bien entendu, pour que les maisons vivantes puissent croître harmonieusement, il est nécessaire de leur donner des marques de tendresse, de l'amour. Ornella et Oscar Obiobus ne savent plus où donner de la caresse ! Compte tenu des nombreux tests en cours, l'équipe du professeur doit recruter ses chercheurs par couple. Si bien que dans cette équipe soudée, la parité homme femme est la règle. Chaque couple de chercheurs s'occupe de sa petite graine de maison qui grandit au fur et à mesure qu'il lui prodiguent leurs soins. Comme Oscar et Ornella, chacun de ces couples aime à se rouler sur le Biogazon de sa maison; cela donne un bon coup de pouce à la croissance harmonieuse de la maison !


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Depuis l’invention de la porte dans un Biomur, que de progrès effectués ! Le biotuyTel vient d’être mis au point : il va permettre à chacun de se connecter à Internet et de communiquer sous toutes les formes : écrite, orale, visuelle, olfactive et même sensorielle.

C'est Oannie qui a acheté un kit BiotuyTel à l'Ofnac, ce matin; elle veut en faire la surprise à Ophilip lorsqu'il rentrera, ce soir.

-- Bonsoir, Oannie, c'est moi !

Oannie accourt embrasser son cher et tendre; dans son dos, elle tient le kit.

-- Tu ne m'entoures pas de tes bras ? Interroge Ophilip

-- Ben Non! Je ne peux pas !

-- Qu'est-ce que tu caches derrière ton dos, coquine !

Et Oannie, tout sourire, lui tend son cadeau, ce kit Biotuytel qu'il désirait depuis plusieurs mois.

-- Ah! Oannie! Tu es un trésor ! Je l'installe de suite, tu veux bien ?

-- Oui, mais à une condition ; tu m'expliques par le détail tout ce que tu fais. Ce n’est pas parce que je suis une nana que je ne m’intéresse pas à la technique !

-- OK, ok, Miss ! D'abord déterminer l'endroit ou placer le téléphodem internet ...

-- Pas dans la chambre !

-- Dans le bureau ! Es tu d'accord ?

-- Ca me va !

-- Ensuite, inciser le sol du bureau, y planter la graine du téléphodem ...

-- …Puis laisser se développer pendant six jours environ ...

-- Comment as-tu deviné ?

-- Eh! Je me suis tuyautée !

-- Donc tu sais que nous pourrons recevoir des programme TV, téléphoner à volonté et accéder à Internet dès la semaine prochaine!

-- Oui. Et mon premier appel ...

-- …Sera pour ta mère !

-- Perdu ! ... Pour toi mon chéri que j'appellerai au bureau ! A moins que je ne préfère appeler mon amie Opipelette ? Et elle lui décoche un sourire de malice.

-- Mais tu m'appelles déjà sur le portable tous les jours !

-- Certes, mais avec un téléphodem, ce n'est pas la même chose ... je pourrais même capter ton odeur !

-- Ben Oui, bien sur, ce n'est pas la même chose ... répète ironiquement Ophilip

-- Tu te moques de moi, n'est-ce pas ! Ca me va, j'ai envie de jouer ce soir !

-- Moi aussi, la journée a été calme, je suis en pleine forme !

Ophilip et Oannie ne pensent plus au téléphodem, ... pour l'instant. Mais il est fort probable que ce dernier sera bien utilisé dès la semaine prochaine.

Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Le BiotuyElec apporte l’énergie électrique et s’adapte automatiquement au débit de la ligne électrique ; un seul tuyau BioTuyElec suffit pour l’aller et le retour de l’électricité ; le cœur du tuyau amène l’énergie électrique vers l’usager, la peau du tuyau retourne l’énergie non consommée vers le réseau. Le dispositif de commande est des plus simplifié. Il suffit que l’homme le veuille pour que la lumière soit ! A l’inverse, si l’homme s’absente d’un lieu ou bien qu’il souhaite rester sans lumière dans ce lieu, la lumière s’éteint.

Ce mécanisme des plus simples s’applique tout aussi bien aux prises de courant. La machine à laver ou le four électrique s’actionnent par la seule force de pensée des occupants de la maison. Pour la petite histoire, relatons quelques clignotements de lumière ou quelques rôtis pas assez cuits ; ceci arrive encore quand deux occupants ou plus d’une habitation ne sont pas d’accord sur la conduite à tenir !

Ophilip et Oannie viennent d'acheter la graine de BiotuyElec chez Oprodf.

Ils plantent la graine, dans le hall d'entrée, sur le coté gauche de la porte d'accès à la rue. Ils sont tombés d'accord sur cet endroit, idéal selon eux.

-- Ophilip, racontes moi la petite graine qui monte, qui monte... implore Oannie avec un regard brillant.

-- D'accord, mais à la condition que tu viennes t'assoir sur mes genoux

-- Ok ! Tu vas me dire à l'oreille; j'adore ...

-- La petite graine va grandir et se développer ...

-- Ca, je sais déjà ! Quand même, je ne suis pas idiote !

-- Si tu ne m'interrompt pas tout le temps, peut être que je pourrais te raconter ?

-- Je t'écoute ...

-- La petite graine va grandir et se développer jusqu'à former un tableau électrique un peu spécial, rien à voir avec les tableaux en plastique bardés de fusibles ou de disjoncteurs de nos grands parents; non un simple tableau de dérivation,

-- Un grand carrefour bioélectrique, si je comprends bien ...

-- C' est ça! Ton image est juste! Donc, de ce tableau vont partir des BiotuyElec vers toutes les pièces de la maison; pour notre chambre, deux tuyaux suffisent, l'un pour la lumière, l'autre pour les prises de courant, comme pour la plupart des pièces. Pour la cuisine, il faut en général plus de tuyaux car il y a des machines à y brancher.

-- Pourquoi sépare-t-on la lumière et les prises de courant ?

-- C'est une vieille habitude, héritée de nos ancêtres qui se justifie encore aujourdhui, car la section du tuyau lumière est bien plus faible que celle du tuyau prises ...

-- On pourrait faire plus simple, je crois...

-- Je n'en suis pas sur ! Mais si tu le dis ... Là dessus, Ophilip qui a quelque envie puissante, comme une graine qui germerait dans son pantalon, embrasse avec passion sa jeune compagne qui n'attendait que ça.


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Le BiotuyGaz amène le gaz à domicile dans des conditions de sécurité inégalées à ce jour. Imaginez donc ! une entaille dans le BiotuyGaz se répare toute seule très rapidement ; la fuite de gaz devient quasiment impossible. Le diamètre du BiotuyGaz s'adapte automatiquement en fonction du débit de gaz à fournir; une très petite fuite a lieu cependant; tout le gaz expédié par le fournisseur ne parvient pas aux utilisateurs. En effet les cellules du tissu vivant qui constitue le BiotuyGaz consomment un peu de gaz pour leur propre métabolisme. Ces cellules sont d'ailleurs utilisées avec succès pour dégazer de vieux gazoducs ainsi que des cuves de navires méthaniers.

Ophilip et Oannie ont acheté leur graine de BiotuyGaz; encore faut-il la planter au bon endroit, dans leur maison bio.

Ophilip dit:

-- Oannie, ou veux tu que nous installions la cuisinière à gaz ?

-- Dans la cuisine, mon chéri !

-- Oui bien sur, je m’en doute ! Mais où dans la cuisine ?

-- Je la verrai bien, ici, près de la porte.

-- Ce n'est pas un bon emplacement, Oannie! Trop dangereux! Un courant d'air qui souffle la flamme et le gaz part ! Donc risque d’explosion !

-- Non, impossible! S'il n'y a plus de flamme, le Biotuygaz se referme automatiquement !

-- Oui certes, mais reste le danger d'une casserole remplie d'eau bouillante dont on accroche trop facilement le manche puisque celui-ci est quasiment dans un passage !

-- Humm... Oui tu as raison cherchons un autre endroit.

-- Et ici à proximité de l'évier ce serait bien, Non ?

-- Oui, c'est un bon emplacement dit Oannie..

Ils font alors une incision dans le sol en Biogazon spécial cuisine d'une belle couleur rouge brique et y placent la graine de BiotuyGaz. Ils restent ensemble, la main dans la main, comme figés devant l'endroit choisi; en fait ils se concentrent et transmettent leur volonté et leur amour à la petite graine. Ils écartent le meuble bas afin de faire une place suffisante pour la future cuisinière.

-- Que va-t-il se passer maintenant ? Interroge Oannie

-- Plein de choses merveilleuses, miraculeuses même, tu verras !

-- Expliques moi... S'il te plait. Je sais que tu est bien renseigné !

-- D'accord dit-il avec condescendance, d'abord la graine va donner naissance à un tuyau qui se déformera jusqu'à prendre la forme de la cuisinière avec des foyers, un gril et une sole dans la partie four...

-- Je veux trois foyers seulement, un fort et un moyen dans le fond, un petit foyer sur le devant !

-- C'est bien ce que tu as pensé fort, il y a deux minutes ?

-- Oui.

-- Pas de problème donc. Ensuite le biotuyaGaz va s'enfoncer dans le sol et rechercher par lui même la grosse canalisation qui passe dans la rue.

-- C'est une véritable gestation ! Ca dure environ neuf mois, comme pour notre futur bébé ?

-- Bien sur que non, Oannie ! Il faut compter neuf jours au maximum, mais bien souvent six jours suffisent.

-- Chouette, donc dès la semaine prochaine, je pourrais te mitonner quelques bons petits plats chauds !

-- Humm... J'en ai déjà l'eau à la bouche ...


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Si un train peut en cacher un autre, un tuyau peut en amener un autre...

On invente donc toute la famille des biotuyaux; le BiotuyEau, le BiotuyGaz, le BiotuyElec, le BiotuyUsé, le BiotuyTel, de quoi construire ou plutôt reconstruire tous les réseaux de distribution du monde...

Le BiotuyEau amène l’eau potable, le BiotuyUsé évacue les eaux usées ou vannes. A l’égal du BiotuyEau, le BioTuyUsé contient, réparti tout au long de ses parois, une forme de mini station de traitement de l’eau. A tel point, qu’il est souvent possible de récupérer ses propres eaux vannes traitées et de les réinjecter, au moins partiellement dans un BioTuyEau d’alimentation en eau potable. Néanmoins, ce procédé de recyclage de l'eau ne se généralise pas car les gens pensent, non sans raison, qu'ils consomment plus d'eau qu'ils n'en rejettent et ont encore quelques craintes ou appréhensions quand au recyclage direct. Pourtant, une réflexion approfondie, leur permettrait de savoir que le cycle de l'eau existe bien à grande échelle sur toute la planète.

-- Boire de l'eau qui provient de vos propres urines ou excréments, vous n'y pensez pas ?

Et pourtant... Le système de récupération de ses propres eaux usées n'est pas une utopie; on peut le faire; ça marche! Comme le dit si bien le vulgarisateur Obonaldi. Ce système est donc mis en place sur tous les véhicules autonomes et plus particulièrement dans des conditions extrêmes telles que la traversée des déserts. Il n'est plus nécessaire d'emporter de grandes quantité d'eau avec soi; les véhicules sont conçus pour récupérer les urines et la sueur des passagers; ces eaux usées sont d'abord traitées par un serpentin en biotuyUsé, puis filtrées par un autre serpentin en biotuyEau; les matières extraites lors du traitement ou de la filtration sont évacuées. A la jonction des deux serpentins, un apport d'eau depuis un petit réservoir reste possible. L'efficacité du système autonome est remarquable; plus de soixante quinze pour cent des 'eaux usées' sont transformées en eau potable.

Ophilip et Oannie ont décidé de faire leur voyage de noces en plein Sahara.

Leur voyage commence par un vol Paris Alger. Arrivés dans la grande ville blanche, ils louent une Bioautomobile. Le véhicule ressemble à un 4X4 classique avec des pneus larges et basses pressions bien adaptés au sable des pistes. Ils en prennent possession; Ophilip se hisse aux commandes de l'engin et invite Oannie à prendre place à son tour.

-- Monte Oannie! S'il te plait, veux tu vérifier l'équipement ? Qu'il ne manque rien par rapport au contrat de location!

-- Ok! Et puis ce contrôle est essentiel pour notre sécurité !

-- Bien sur! Pendant ce temps, j'analyse l'itinéraire à suivre pour parvenir sans encombre à Ghardaïa.

-- D'accord! Mais n'oublie pas, Mon chéri, que nous sommes en voyage de noces! J'aimerais bien que nous fassions de fréquentes haltes amoureuses, des détours dans des oasis ou des villages de charme!

Ophilip pose un regard si suggestif sur sa compagne que celle-ci ne sait plus que dire; elle lui adresse un regard non moins prometteur !

-- C'est quoi ce truc ? Demande-t-elle en lui montrant une espèce de tuyau souple surmonté d'un entonnoir.

-- Humm... C'est le récupérateur d'urines !

Elle éclate de rire,

-- Quoi, ce truc est un récupérateur d'urines? Pour un mec ça va mais pour une nana, c'est pas très facile à utiliser !

-- Surtout quand le véhicule est en en marche !

-- J'espère que ça s'utilise à l'arrêt, Non ?

-- Je crois bien, j'ai pas essayé en marche !

-- Mais pourquoi récupérer les urines ?

-- Parce qu'après traitement et filtration, ton pipi peut faire une boisson fort désaltérante, surtout en plein désert...

-- Ils sont fous ces algériens !

-- Non, non ! Au contraire, ils ont mis en pratique les biotuyEau et les biotuyUsé sur ce véhicule aux fins de survie en cas d'accident qui nous immobiliserait en plein désert !

-- Admettons que c'est une bonne idée, mais ne compte pas sur moi pour boire de cette eau là !

-- Tu n'es pas obligée de le faire; moi j'en ai déjà bu dans une vie antérieure et je dois te dire que j'ai trouvé cette eau tout à fait correcte !

Oannie, coquine dit:

-- Beurk! Désormais je t'interdit de m'embrasser !

-- Ah oui ? Les arrêts amoureux seraient donc sans bisous ?

-- Oui ! Ca t'apprendras ! dit-elle enjouée.

-- Bon dit-il faisant semblant d'être déçu, Je fonce vers Ghardaïa sans faire le moindre arrêt.

-- T'es pas chiche !

-- Ben ... à vrai dire ? non ...

Les deux tourtereaux s'embrassent à bouche que veux-tu, longuement. Puis Ophilip embraie et engage la biomobile dans la bonne direction.


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Lorsque les habitations sont situées en rase campagne, là ou il n’existe pas de canalisation de distribution d’eau, la petite graine de tuyau vivant s’adapte tout aussi bien : elle recherche un point d’accès vers une rivière, une source, un puits voire une nappe d’eau souterraine profonde. Les parois du tuyau s’épaississent et se transforment, d’une part pour résister à des agressions plus fréquentes dans le milieu naturel, d’autre part pour effectuer un filtrage progressif de l’eau, de façon à la rendre potable. Ces propriétés des biotuyaux campagnards ont été introduites sur une idée d'Olivier, le fils du professeur Olibiobus. En effet Olivier, de par son travail de commercial, est amené à traverser les campagnes et même à s'y arrêter. Il a ainsi constaté que le biotuyau des villes ne s'acclimatait pas aux champs ! Ce constat lui est insupportable;

-- Encore une forme de discrimination au détriment des cultivateurs ! disait-il à son père

-- Tu n'exagères pas un peu ?

-- Non ! Comment veux-tu convaincre les cultivateurs de faire des graines de Biotuyau s'il n'en tirent pas eux même quelque avantage direct, je veux dire non financier ?

-- Je ne sais pas quoi te répondre.

-- Tu te souviens, quand les laiteries ont mis en place des tankers de lait dans les fermes et qu'elles ont interdit aux fermiers d'y prélever du lait pour leur usage afin d'éviter la prolifération de bactéries ?

-- Oui je me souviens, mais toi comment sais tu cela ?.

-- Mes lectures ! dit Olivier et d’enchaîner : -- Il y a eu une réaction de rejet; et les laiteries ont assoupli leur dispositif afin de permettre un tirage de lait par le fermier lui-même.

-- Je vois; tu penses que le même scénario peut se rejouer avec le biotuyau?

-- Oui, tout à fait!

-- Tu as peut être raison, je vais en parler au prochain colloque bioproduits.

-- Ce n'est pas peut être ! C'est ce que tu dois faire !

Lors de ce colloque, l'idée du fils Olibiobus fût déclarée 'positive'; et c'est ainsi qu'une campagne de recherche aboutit à la découverte de la flute encore appelée tuyau de campagne.

On peut dire que chaque tuyau campagnard accédant directement à une rivière comprend sa mini station de filtrage intégrée. Le réglage des paramètres de filtrage est automatique; et pour cause, il est inscrit dans les gènes du biotuyau. Les maires de village n’ont plus à batailler pour installer et faire payer aux contribuables des installations de piquage et d’épuration de l’eau fort onéreuses. Les sociétés de distribution de l'eau potable ont du souci à se faire; leur marché se rétrécit jour après jour.

Une nouvelle société baptisée Osansmousson se crée pour récolter et distribuer les graines et les boutures de Biotuyau. Le succès ne se fait pas attendre; les hommes commencent à s'adapter de mieux en mieux aux maisons vivantes et apprécient le progrès remarquable obtenu grâce au Biotuyau.



Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Les débouchés de cette invention sont extraordinaires; d'abord notre savant, qui a rappelé le professeur Olibiobus à la rescousse, met au point un tuyau d'arrivée d'eau, vivant. Il s'agit d'un tissu vivant capable de supporter la pression de l'eau, de se nourrir des éléments en suspension dans l'eau, de se développer et croître intelligemment. Nos deux savants changent radicalement le mode d’utilisation du biotuyau à cette occasion. Désormais on ne fait plus de bouture, mais on sème une petite graine de Biotuyau à l'emplacement où l'on désire extraire de l'eau dans la maison vivante. Cette graine miraculeuse se transforme en une sorte de robinet aux formes rondes mais élégantes, monté sur une tige qui allonge encore sa silhouette; en fait la tige est un tuyau vivant qui va s'enfoncer dans le sol à environ un mètre sous la surface puis chercher à se raccorder par lui-même, sur la grosse canalisation vivante pleine d'eau potable située un peu plus loin sous le trottoir de la rue. Dès lors l'eau potable peut alimenter toute la maison.

Bien sûr le robinet n'a rien de matériel. Dans la maison bio de Opampachercheur, un tel système a été mis en place; le chercheur demande à son jeune fils:

-- Apporte moi un verre d'eau Ocherfils !

Le garçon prend un verre dans l'armoire et l'approche sous la tête du biotuyau; celui-ci s'incurve, forme une espèce de bec verseur par lequel l'eau coule plus ou moins abondamment au gré de la volonté du garçon.

Le jeune homme est pressé de retourner à ses jeux; l'eau remplit donc le verre très rapidement. Il apporte le verre plein à son père.

-- Merci, Ocherfils, tu n'as pas oublié de fermer le robinet ?

-- Papa, tu te moques? N'est-ce pas? Tu sais bien que le tuyau se referme automatiquement !

-- Mais bien sûr, tu as raison Ocherfils! Excuses moi j'étais dans mes pensées ...

-- Qu'est-ce que tu vas encore inventer ?

Opampachercheur ne répond pas, il cherche ...

Il est tout a fait possible d’acquérir une seconde graine de tuyau et de la semer à son tour; dans ce cas celle-ci se raccorde sur le tuyau vivant pré existant, le plus proche. Ce raccord se fait plus ou moins rapidement selon les matériaux traversés par le biotuyau, mais il se fait presqu'à coup sur.

Néanmoins le temps de traversée du béton ou de la roche dure est tellement important qu'il vaut mieux éviter cet usage. En général le Biotuyau essaie de contourner intelligemment ces matériaux inertes et durs. Dans un terrain composé de grosses pierres et de terre meuble, il est amusant de voir le biotuyau se faufiler entre les pierres tel un ver de terre.

De manière automatique et intelligente, la section du tuyau vivant qui court vers la grosse canalisation d’eau potable, voit sa section augmenter afin de satisfaire à un débit plus important, du moins si aucun matériau dur ne gêne ce grossissement. De nombreuses expériences ont été faites tant par le chercheur de la pampa que par ses pairs dans le monde entier; le comportement du biotuyau en milieu urbain est parfaitement connu et maitrisé.


Par Christian de Lille
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Dimanche 1 janvier 2006

Ses propos parvinrent aux oreilles d'Ornella, qui en fit part à son bien aimé, le professeur Olibiobus.

-- Oscar, es-tu au courant de cette pensée: une maison bio ne peut survivre que si ses habitants ont de l'amour à donner ?

-- Non, d'où tiens tu cette idée ?

-- J'ai lu ça sur une page web; un certain Hoang, un vietnamien venu enquêter sur la destruction des maisons. Je crois que cet homme dit vrai ! Te souviens-tu de notre première nuit ?

-- Si je m'en souviens, Ornella ? A cette idée, j'ai encore chaud !

-- Oui, bon. Une lueur coquine brille dans leurs yeux. -- Quand nous faisions l'amour, le Biogazon s'était presque enroulé autour de nous, il nous avait soulevé ...

-- Oh ça oui, et même bien haut !

-- ..., replacé dans les meilleurs positions pour nous sentir, nous offrir, ...

-- Oui, oui ...

-- et le lendemain, tu n'as pas remarqué ?

-- Quoi donc ? dit le professeur se rapprochant d’Ornella …

-- Le Biogazon était plus dru, plus vert, plus vivant juste à l'endroit ou nous nous étions aimés !

-- Mais ... oui, c'est juste. Il entoure sa compagne de ses bras aimants.

-- Donc cet homme a sans doute raison. Sans amour, pas de bio maison possible !

Le professeur se rapproche davantage de sa compagne et l'enlace tendrement en guise de réponse. "Elle lui tend ses bras, ses lèvres, l'embrasse avec tant de passion, ... qu'elle en est toute déshabillée... " Sur le Biogazon ... font l'amour comme au premier jour et leur maison devient plus robuste et plus saine.

Pendant ce temps, au fin fond de la pampa argentine, Opampachercheur, est un homme qui expérimente sur un échantillon de biotissu que lui a fourni le professeur Olibiobus. Il a l'idée d'enrouler sur un tuyau de cuivre, un morceau de Biogazon. Pour faire tenir le tissu vivant sur le tuyau il utilise un filet plastifié. Il laisse les choses en état et attend quelques jours pour savoir si le tissu se développe bien autour du tuyau. Il revient dans son laboratoire fort déçu: le biogazon s'est dégarni; des morceaux sont passés à travers le filet plastifié et agonisent sur le sol: le résultat est plus que nul.

Un autre essai avec du Biotoit donne un petit résultat probant. En effet le biotoit ne meurt pas et parvient à survivre sur la partie supérieure du tuyau mais la croissance est extrêmement ralentie, sans doute infiniment lente sur la partie inférieure du tuyau; inexploitable! Opampachercheur analyse la structure adn du Biotoit et croit deviner comme deux hélices contradictoires réparties de façon aléatoire dans la cellule de base du Biotoit. Il pense alors que, peut être, s'il parvenait à faire une variété de Biotoit avec toutes les hélices dans le même sens, ou pour le moins réparties spacialement de façon régulière, il aurait sans doute un résultat intéressant. Il imagine que cet enroulement microscopique et ordonné du vivant va de pair avec l'enroulement macroscopique du tissu vivant autour d'un tuyau. Spéculations pures en l'état actuel, mais ayant une base pertinente. Néanmoins, le chercheur se demande si ce ne sont pas ces deux hélices contradictoires qui sont le principe essentiel des bioproduits; dans ce cas, inutile de tenter de les arranger différemment. Il veut en avoir le coeur net. Il prend donc contact avec Oscar Olibiobus pour lui faire part de ses réflexions.

-- Professeur, yé suis chercheurrr à l'université de Buenos Aires et y'étudie en ce moment le Biotoit; yé voudrrais enrouler celui-ci autour d'un tuyau !

Oscar a toujours su encourager les initiatives:

-- Bonne idée, cher collègue, effectivement je pense qu'il y a là matière à recherche approfondie.

-- Merci, Professeur, ye persévèrre mais ye dois vous dire qué ye n'ai rien trouvé encore !

-- Quelle est donc la question que vous désirez me poser ? En quoi puis-je vous être utile ?

-- Si vous me permettez, Professeur. J'ai étudié l'adn du Biotoit et vu deux hélices contradictoires dans la structure du tissu; je pense que c'est cette structure qui empêche l'enroulement du tissu sur le tuyau !

-- Et vous voudriez donc changer cette structure ?

-- Tout juste! Je voudrais réaliser une structure avec deux hélices dans le même sens ? Est-ce possible sans détruire l'effet biotissu ?

-- Aucune idée ! La seule chose que je puis vous dire, c'est que les hélices contradictoires ne sont pas le principe essentiel des bioproduits.

-- C'est tout ce que je voulais savoir! Vous m'avez rasséréné, Professeur!

Je retourne au laboratoire dès demain, avec espoir. Encore merci, Professeur.

-- N'hésitez pas à me rappeler, en cas de besoin, Monsieur Opampachercheur; Tenez moi au courant de votre travail ! Si je puis vous être utile...

-- Yé vous remercie Professeur. Au revoir

-- Au revoir

Inutile de dire qu'entre l'instant ou Opampachercheur émet cette hypothèse et l'instant ou il peut réaliser l'expérience idoine, des mois et des mois se passent. D'autres conversations téléphoniques, des échanges de mails, des envois de schémas sous forme de pages html ont lieu entre le chercheur de la pampa et Oscar Olibiobus. Nul doute que ces échanges sont constructifs.

L’expérience réussit enfin; son protocole est relativement simple à extrapoler en vue d’une grande production industrielle. Le Biotuyau est né.


Par Christian de Lille
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