Applications informatiques
Il existe déjà un très grand nombre d'applications informatiques adaptées aux divers domaines d'activité des hommes. La plupart de ces applications sont rodées et rendent parfaitement service à leurs utilisateurs. Et pourtant, nombre de directions informatiques sont encore confrontées au choix d'un progiciel existant ou d'un logiciel sur mesure à développer. Compte tenu de la richesse des environnements proposés (et qui se valent tous !), la décision du directeur informatique est pour le moins délicate.
Il y a le choix 'politique': le directeur financier et/ou le PDG se sont laissés impressionnés par une belle démonstration et ne pensent plus que par le logiciel X; si le DI ne veut pas prendre de risques et s'attirer les faveurs de la direction générale, il n'a plus qu'à suivre.
Il y a le choix 'mouton de Panurge': le ténor dans le domaine concerné met à disposition le logiciel y; il y a tellement d'utilisateurs qui semblent satisfaits de celui-ci qu'on ne risque rien à faire ce choix. Si la mise en place réussit, chacun s'accordera à dire que le DI a fait le bon choix; si le démarrage patine ou bien s'il y a de graves difficultés de fonctionnement, le DI pourra arguer qu'il a fait le choix le plus sûr.
Il y a le choix 'véritable': une étude sérieure a été faite qui dégage 2 ou 3 logiciels adaptés aux besoins. A ce niveau on voit généralement apparaitre 3 grandes possibilités: la solution du développement nouveau ou de la refonte d'un logiciel existant, la solution de l'adaptation d'un ancien logiciel et la solution du progiciel tout fait qu'il 'suffit' de paramétrer.
Dans les 2 premiers cas, le DI peut espérer utiliser les compétences disponibles dans son équipe quitte à renforcer celles-ci si nécessaire; parfois il peut décider un renouveau de technologie de développement obligeant à former, à licencier et à embaucher (pour exemple schématique: passage de Cobol à Java); dans le dernier cas la formation, le licenciement et l'embauche de profils nouveaux seront obligatoires. Cette dernière possibilité est plus lourde et plus chère mais le DI n'est plus le seul responsable du projet: il partage cette responsabilité avec le fournisseur du progiciel. Ce choix est donc quelque peu confortable et politique. C'est d'ailleurs un choix fait très souvent par les entreprises importantes et riches (ou dispendieuses?).
Dans les 2 autres possibilités le DI prend un risque réel qui peut conduire à un échec et à son éjection. Mais quel est donc ce risque ?
Les risques d'échec dans la mise en place d'une application informatique nouvelle résident d'abord:
1) dans une incompréhension entre les concepteurs et les utilisateurs
2) dans une sous évaluation des couts et des charges de réalisation.
Or ces 2 points durs peuvent être considérablement amollis par l'utilisation de 'canevas' d'application du domaine concerné. Pour chacun des domaines d'application, comptabilité, gestion commerciale, gestion des stocks, etc ... on peut établir un modèle de données générique et un modèle des traitements générique. Ainsi, même si le concepteur est novice, il trouvera dans le canevas du domaine, les éléments indispensables à l'application envisagée. Il ne pourra pas oublier les points essentiels, il sera informé des difficultés techniques ou fonctionnelles essentielles et pourra envisager la démarche de développement sereinement.
En effet tout se passe alors comme si il avait un assistant performant à son service. Par ailleurs, ce canevas peut aider efficacement le concepteur à filtrer des désirs utilisateurs hors norme; à l'inverse le concepteur peut suggérer des fonctionnalités importantes aux utilisateurs.
Enfin le canevas d'application d'un domaine ou d'un sous domaine peut comporter des 'vues' adaptées à chacun des intervenants, utilisateurs, développeurs et exploitants de la future application.
Je pense que cette approche est de nature à rasséréner nombre de DI et à leur permettre d'effectuer de véritables choix dans de bien meilleures conditions.
Dans les pages à venir je montrerai quelques exemples simplifiés de cette démarche 'canevas'.