Exposé sur le sot métier
Cette expression a une signification suffisamment négative pour que chacun admette cette phrase comme une vérité. Or rien n'est plus faux ! Il faut le dire clairement: certains métiers sont bons pour l'individu ou l'entreprise ou la société en général d'autres sont vraiment mauvais. Un métier est bon pour l'individu s'il lui permet de se développer harmonieusement sur le plan physique - faire marcher ses muscles - , sur le plan intellectuel -allumer ses petits neurones - , sur le plan émotionnel - voir du monde, échanger, se créer des relations, des amis , des amours -. Bien sûr on peut arguer que le métier est d'abord un gagne pain et pas forcément une partie de plaisir ! Certes mais à raison de 7 à 8 heures par jour voire beaucoup plus pour certains, il vaut mieux que le métier pratiqué soit bon pour l'individu.
Il existe de mauvais métiers pour l'individu mais qui sont pourtant nécessaires pour une entreprise ou pour la société. Sans parler des hommes qui ont perdu leur vie en construisant le sarcophage de fortune sur le réacteur fondu de Tchernobyl, il faut bien admettre que nombre de métiers nécessaires à l'activité humaine ne sont pas très bons.
Par exemple, peu d'entre nous accepteraient d'être éboueurs. Pourtant ce métier éminemment utile à la société est également bon pour l'individu: l'éboueur vit au grand air, effectue un effort physique important, n'est pas stressé dans son travail. Pourquoi n'aimons nous pas ce métier ? Parce qu'il a mauvaise presse - l'image du prolétaire -, parce qu'on est quelque peu paresseux - on oublie que notre corps est fait pour travailler -, parce qu'il est très répétitif. On pourrait sans doute améliorer l'image de ce métier - par la publicité - mais on ne pourra pas enlever sa grande répétitivité.
Autre exemple, l'enseignant. Ce métier a bonne presse, il est utile à la société, il est bon pour l'individu qui trouve là de quoi allumer ses neurones et de quoi satisfaire son besoin de communication avec les autres. Nous pensons, en général, que c'est un bon et beau métier.
Et pourtant c'est sans doute dans ce métier que l'on trouve le plus de déprimés ! Ce métier n'est donc pas si bon que ça. Pourquoi ? Premièrement il faut remarquer que faire cours à des élèves non motivés est extrêmement éprouvant. Deuxièmement le travail d'enseignant est très répétitif si l'on se laisse aller à la facilité de reprendre des formules toutes faites, les notes de la semaine ou de l'année dernière, etc ... Un bon enseignant doit faire des efforts importants pour se renouveler et éviter la monotonie qui éteins ses petits neurones et ceux de ses élèves !
Sur ces deux exemples pris parmi tant d'autres nous pouvons essayer de tirer quelques conclusions que nous espérons généralisables:
1. Il y a des bons ou 'pas sots' métiers ainsi que des mauvais ou 'sots' métiers
2. Ce qui rend un métier 'sot', c'est sa répétitivité.
Peux-t-on changer cet état de fait ?
Oui et non.
Oui, c'est d'ailleurs ce que fait chacun de nous au jour le jour; après le travail, la journée n'est pas finie et nous pouvons, entre autres choses, compenser les mauvais cotés d'un métier.
L'éboueur peut s'instruire - ça fait sourire -, mais pourquoi pas !
L'enseignant peut s'adonner à un sport, au bricolage, ...
Non au regard de l'organisation actuelle de la société; en effet il est très difficile pour une personne ayant un bon métier bien défini d'en changer. Les offres d'emploi sont parfois absurdes à cet égard: il est souvent demandé à un débutant d'avoir une expérience du métier. On demande un débutant ou un pratiquant !
A l'inverse une personne chevronnée dans un domaine métier sera très mal perçue si elle tente de changer de domaine.
En gros l'entreprise vous contraint fortement à rester dans votre domaine métier.
Un individu décidé peut quand même changer de métier mais il prend alors un gros risque financier puisqu'il aura beaucoup de mal à trouver un emploi hors du domaine métier initial.
Et dans les campages ?
La population des agriculteurs diminue sans cesse, car ce métier est considéré comme un sot métier (ou un dur métier, ou un métier salissant, ...). Il faut travailler beaucoup, sans doute 12 heures par jour et physiquement. Le travail est assez répétitif malgré l'alternance des saisons.
Les grands champs demandent un travail encore plus répétitif et long malgré les machines.
Et pourtant, le métier d'agriculteur est bon pour l'homme car nécessaire à sa survie. Il parait idiot de confier ce métier à un petit groupe d'hommes. Compte tenu de l'importance de ce métier, il faudrait au contraire beaucoup plus d'hommes impliqués dans l'agriculture à sa source.
Malheureusement, c'est le contraire qui se passe: peu de manuels qui touchent encore la terre, trop d'hommes dans des bureaux à inventer des machines, des produits chimiques accélérateurs de récoltes, des produits consommables élaborés qui faciliterons la tache des ménagères.
La bonne société de demain, peut être, une utopie ?
Dans cette bonne société, les employeurs ont compris le problème et prennent donc des mesures efficaces pour éviter la répétitivité des emplois proposés. Le contrat est toujours à durée déterminée, de l'ordre de quelques années. N'hurlez pas c'est votre intérêt d'individu !
L'employeur est conscient que vous venez d'un autre domaine métier, que vous êtes un débutant, un novice et qu'il doit vous former durant quelques mois. Il sait que vous serez ensuite bien opérationnel puis au top puis que vous roulerez sur les acquis, que cela n'est plus très bon ni pour lui, ni pour vous. Il prévoira donc avec votre aide votre remplacement à échéance du contrat à durée déterminée. Par exemple, c'est vous qui assurerez avec enthousiasme la formation de votre remplaçant. Dans cette bonne société, quitter un travail n'est pas un problème, puisque statistiquement il y a environ autant de postes perdus que de postes à pourvoir !
Cette société peut-elle réduire le nombre des chomeurs ? Sans doute dans la mesure ou la plus grande mobilité fonctionnelle des individus fera que l'on peut encore être chomeur mais à durée déterminée ! On peut même imaginer d'autoriser les gens à prendre partiellement du temps de retraite.
L'obligation de changement de domaine métier est doublement bénéfique: bénéfique pour l'individu qui évite la répétitivité éternelle, qui doit s'adapter à un nouveau métier (donc allumer des neurones oubliés !). bénéfique pour l'entreprise qui renouvelle son personnel et obtient de ce fait des produits plus adaptés au marché.
Il n'y a que les sots, les aveugles, les profiteurs pour oser affirmer:
'Il n'y a pas de sot métier'