Avenir de la société Quels sont les facteurs de changement ? Quelle évolution prévisible ? Quels sont nos marges de manoeuvre pour influer sur cette évolution ? Amours et amitiés Aventures ...
Chapitre 2
Ou comment le biogazon se développe de belle façon
Ce vendredi Oscar Olibiobus a une réunion au Ministère de la recherche, en plein Paris. Il ne pourra pas se rendre au laboratoire; et son assistante est en congés. Tant pis, le laboratoire restera vide aujourd'hui. Cette réunion lui donne l'occasion de présenter l'état de ses recherches sans pour autant en dévoiler tous les secrets. C'est une occasion intéressante de faire connaître notre société et de nouer des contacts fructueux, lui a dit son patron. Oscar a donc la parole et commente les résultats obtenus par sa première souche de Biogazon. Une fois son exposé terminé, il invite les participants à poser leurs questions. Les premières questions sont pertinentes et même parfois tellement précises qu'Oscar doit éluder quelque peu afin de ne pas divulguer les points clés de ses recherches. Puis viennent des questions de plus en plus communes, voire inutiles. La réunion s'éternise car d'aucuns aiment à poser des questions sans grand intérêt scientifique, mais énoncées dans le seul but de se faire remarquer ou de se donner de l'importance. Ce genre de question dont on connaît déjà la réponse une fois qu'elle a été émise ou bien encore une question pour laquelle il n'y a pas de réponse censée et justifiable possible ou pire encore une question bête. Enfin midi arrive; le professeur ne souhaite pas rester déjeuner avec ces oiseux bien qu'il soit cordialement invité. Il préfère retourner chez lui dare-dare.
Il sort bien vite du Ministère, en oublie de saluer l'hôtesse d'accueil qui n'en reviens pas. Il court jusqu'à la station de métro Duroc. Il s'y engouffre, bousculant presque les gens qui sont devant lui. Il attrape un métro in extremis, et se calme un peu quand les portes se referment derrière lui. Arrivé gare d'Austerlitz, il préfère marcher un peu. La marche est anti-stress et de toutes façons, les correspondances ne sont pas intéressantes; et puis le RER C est un tortillard. Trop lent ! Le mieux est de traverser le pont qui sépare la gare d'Austerlitz de la gare de Lyon. Il traverse le pont à vive allure, puis s'engouffre dans l'escalator d'accès aux quais des trains de banlieue. Le voici maintenant qui attend avec impatience le RER D à destination d'Evry. Ca y est, le voilà. Oscar y monte rapidement. Il trouve une place pour s'asseoir juste en face d'une très belle femme. Mais il ne la voit pas! Il ne lui adressera même pas un regard. Il est dans ses pensées. Il pense et repense au Biogazon ! Comment a-t-il bien pu quitter son appartement, ce matin ? Qu'est devenu le Biogazon en son absence ? Néanmoins, il ne rate pas sa station. Il descend du train à Evry. Franchit les portillons, grimpe les marches de l'escalier de sortie quatre par quatre et cours jusqu'à son appartement. Le voici devant la porte de l'immeuble. Il compose le code d'accès, inutilement. Au même instant une autre personne sort de l'immeuble. Il en profite donc pour entrer. Il escalade quelques marches et parvient sur le palier du premier étage. Il a déjà sorti la clé de sa poche. Il introduit celle-ci dans la serrure, tourne la clé. Il ouvre enfin la porte de son appartement.
Dans l'entrée, pas de trace du Biogazon. Oscar se sens plus calme, tout à coup. Il accède au séjour et découvre que le Biogazon a envahi toute la pièce mais s'est limité à la surface plane et horizontale du sol. Il est rassuré. Cela lui semble conforme à ses premières expériences; le Biogazon du laboratoire s'était lui aussi limité à la surface plane de la paillasse. La porte qui sépare la cuisine du séjour était restée entrouverte. Aussi le Biogazon s'est il introduit dans la cuisine, mais sans envahir; juste une petite percée de quelques décimètres carrés comme pour tâter le terrain. En fait le Biogazon est venu jusqu'à buter sur la porte entrouverte.
Cette observation laisse le professeur perplexe; on dirait que le Biogazon a volontairement limité sa croissance parce que la porte de cuisine n'était pas franchement ouverte ! Par contre il s'est bien arrêté net au raz de la double porte d'entrée n'essayant pas de passer sous cette porte. De plus en plus étrange... mais plutôt réconfortant.
Pour en avoir le cœur net, le professeur ouvre la porte de cuisine en grand et laisse également la double porte du séjour grande ouverte.