Avenir de la société Quels sont les facteurs de changement ? Quelle évolution prévisible ? Quels sont nos marges de manoeuvre pour influer sur cette évolution ? Amours et amitiés Aventures ...
Le professeur: -- J'y penserai, certes ! Mais je ne puis vous laisser espérer ...
La soirée se poursuit dans la chaleur et la quiétude de l'appartement; la fatigue et le sentiment d'avoir passé une journée agréable, incitent bientôt chacun à se coucher.
Le lendemain tous vaquent à leurs occupations habituelles ; le fils se rend à l’école d’informatique, la fille traîne un peu au lit et enfin se décide à rejoindre les bancs de sa faculté scientifique, le professeur part tranquillement prendre le train qui l’amènera presqu’au pied de son laboratoire.
Et il repense au souhait exprimé par son fils adoré: faire naître et croître un gazon, un vrai gazon vivant à même le sol d'un appartement. L' idée n'est pas très réaliste mais il aimerait tant faire ce plaisir à ses enfants ! Cette pensée trotte dans sa tête, il ne peut s'en défaire; c'est comme une idée fixe. Aussi, peu à peu, le professeur Olibiobus élabore un premier scénario; D'abord trouver du temps pour réfléchir et se documenter. Ce matin et les suivants, il dispose de temps libre puisque son assistant se charge des travaux courants et anime quelques réunions à sa place. Il a accès à la bibliothèque de l'établissement qui est très riche, du moins, dans son domaine. Parfait. Ensuite identifier les tissus vivants qui sont susceptibles de convenir, se les procurer en bon état. Enfin combiner et recombiner les gènes des différents tissus pour en créer un nouveau qui puisse d'adapter à un milieu à priori hostile à toute végétation.
D’abord il recherche les végétaux qui sont susceptibles de s’adapter à un support sans terre voire à se développer par eux-mêmes sans aucun support. Il pense d'abord à ces cultures de tomates sans terre. Mais, dans ce cas, la terre nouricière est remplacée par un apport régulier de liquide nouricier. Ce principe de culture lui semble incompatible avec un appartement; il imagine déjà les floc floc des occupants marchant sur le gazon gorgé de liquide nouricier ! Et puis comment apporter ce liquide ? Quel risque pour les appartements voisins ? Non, décidément, cette idée n'est pas la bonne. Le professeur consulte de nombreux dictionnaires de plantes, des ouvrages spécialisés, des mémorandums établis par des confrères. Il relit ses propres notes, tente aussi à plusieurs reprises et pendant plusieurs heures des recherches sur Internet. Tout cela n'aboutit à rien; aucune piste valable. Néanmoins il agit avec méthode et prend bien garde de noter sa démarche dans ce qu’il appelle sa bible. Ses notes structurées et indexées lui font gagner beaucoup de temps: Il évite ainsi de revenir sur un sujet déjà abordé et non pertinent; à l'inverse il retrouve très rapidement les informations concernant un sujet intéressant. Mieux encore, cette bible lui permet de faire des rapprochements entre des concepts ou sujets très variés, rapprochements qui élargissent son cadre de pensée courant. Chaque matin, il défriche ainsi un nouvel espace de recherche vierge et crée des liens multiples inter disciplines.
A la réflexion, un appartement chauffé, empli d'air sec, a une atmosphère proche de certaine régions arides et très ensoleillés du globe.
Il lui vient donc à l’idée d'utiliser un tissu végétal issu d’une sorte de cactus. Cette plante est capable de survivre en terrain sec, très sec même et donc pauvre en nutriments. De plus une pluie tous les deux ou trois mois est suffisante à sa survie. Il étudie l’adn de la plante et constate qu’il pourrait remplacer une séquence existante par une autre sur laquelle s’accrocherait peut être un composé chimique qui est proche dans sa formule d’un nutriment de la plante. Ainsi, se dit-il, la nouvelle plante assurerait son alimentation par elle-même. Une sorte de plante macrophage qui se nourrirait d'elle même. Cette pensée ne le réjouit guère, car il est probable, que la plante se mange elle-même et se détruise. A moins que ... Il pense également à utiliser du tissu de chameau, lequel, comme chacun sait, devrait se contenter de très peu d'eau ! Le professeur parvient, non sans quelque difficulté à se procurer chacun des morceaux de tissu nécessaires. Ceux-ci lui sont livrés en bon état et dans un délai satisfaisant compte tenu de cette période d'avant les fêtes. Oscar a déjà préparé les supports et les liquides nouriciers adaptés à la culture in vitro. Il a également créé un environnement propice à ces cultures. Dans un coin du laboratoire, c'est le désert du Sahara en réduction ! Voire pire ! Un halogène éclaire jour et nuit un substrat situé à moins d'un mètre de la lampe. Oscar met en culture chacun de ces tissus sur le support adéquat. Les cultures se développent bien. Bientôt, le professeur est en mesure d'expérimenter.